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La phobie des avions d’Annie GIRARDOT a pour point de départ le : 6 Juin 1944

 

6 juin 1944. Le plus grand débarquement de tous les temps désigné sous l’expression « jour J » vient de débuter. Cette gigantesque opération est précédée par un bombardement intensif de la région. Depuis plusieurs jours, la BBC diffuse les premières notes de la 5ème symphonie de Beethoven, (en Morse est un « V » comme Victoire) suivi des deux premiers vers du poème de Verlaine « Chanson d’automne » qui annoncent en langage codé l’imminence du Débarquement aux Résistants : « Les sanglots longs des violons... ». La petite Annie Girardot âgée de 13 ans  qui habite une petite maison à Mondeville, à côté de Caen se réveille avec l'impression que le ciel lui tombe sur la tête. Les incendies, les explosions ininterrompues et les tirs de la DCA sont si impressionnants qu’ils donnent à la petite fille l’impression qu’il fait jour. L’air devient irrespirable en raison des fumées lourdes et épaisses. L’aviation Allié ne fait pas de différence entre les objectifs militaires et les lieux d’habitation. Comme elle le dira par la suite « Le Débarquement, je l’ai pas vu. Je l’ai pris sur la gueule. ».

 

ELLE APPREND QUI EST SON PERE

 

Avec sa mère Maggi et son frère , comme de nombreux habitants, ils  se réfugient comme beaucoup d’autres dans les anciennes carrières de pierre creusées au pied des falaises de calcaire de Colombelle. La famille Girardot va vivre dans ces carrières pendant plus d’un mois jusqu’à la mi-juillet. Le matin, quelques hommes courageux partent à « la chasse aux vaches » tuées pendant la nuit par les bombarde­ments. Ils ramènent les carcasses qui sont découpées, bouillies dans de grandes lessiveuses chauffées au feu de bois puis partagés à l'entrée des carrières. Il y a des morts mais aussi des naissances se déroulent grâce aux soins de la sage-femme Maggi, la maman d’Annie. Pendant ce temps-là, la région est soumise à un bombardement intensif. Lors de l’un de ces moment tragique la mère d’Annie lui apprend que son véritable père est mort quand elle avait un an et demi, qu'il avait une autre famille et trois autres enfants.

 

TRAUMATISEE A VIE PAR LES AVIONS

 

Annie restera traumatisée par ce qu’elle a vécu pendant cet été 1944. Elle en a hérité  aviophobie (ou aérodromophobie) autrement dit une phobie des avions qu’elle redoutait de prendre. Selon sa fille, elle s’ingéniait à trouver toutes les manières de rater son départ en faisant en sorte de se perdre dans les aéroports, de dis­paraître dans les toilettes pour dames ou de devenir sourde aux appels répétés du haut-parleur qui la pressait de rejoindre la porte d'embarquement. Le seul moyen de se calmer dans l’avion était l’ingestion d’une coupe de champagne.

 

(Extrait de LEUR SECONDE GUERRE MONDIALE Edition Buchet Chastel sortie le 22 octobre Vous ne pouvez pas le feuilleter tout de suite en librairie mais il est accessible en click and collect ou sur les différents sites en ligne)