Liberty-Jeep
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31 DECEMBRE 1944.

 

 

Il y a 75 ans, nous approchions de la Saint Sylvestre de l’année 1944 qui avait vu la Libération d’une grande partie de la France par les troupes alliées. Mais, la guerre n’était pas terminée pour autant et une grande partie de l’Europe vivait encore sous le joug nazi. La pieuvre, bien que très affaiblie, bougeait encore ses tentacules assassines et tentait toujours de redresser la tête.

 

Un mauvais vent soufflait encore …et en ce 31 décembre 1944 il allait prendre le nom de NORDWIND (Le vent du nord) pour venir gâcher le réveillon si toutefois il avait été prévu !!!

 

OPERATION NORDWIND (Vent du Nord) fût une des dernières offensives militaires de la Seconde Guerre mondiale, opérée par la Wehrmacht sur le front de l’Ouest. Lancée en Alsace du nord et en Lorraine, elle se déroula du 31 décembre 1944 au 25 janvier 1945.

 

Le général Johannes Blaskowitz (général de l’armée de terre du 3ème Reich est né le 10 juillet 1883 à Paterswalde et Prusse-Orientale et mort le 5 février 1948 à Nuremberg … suicide ? – alors qu’il allait être retenu non coupable), nouvellement nommé au commandement du groupe d’armée G, est responsable de l’opération et des moyens somme toute importants sont mis à sa disposition.

 

Cette opération débuta donc le 31 décembre, vers 23h30, sans préparation d’artillerie préalable afin de conserver au maximum l’effet de surprise, date à laquelle les alliés sont supposés relâcher leurs efforts pour fêter le passage au nouvel an 1945. Le choc est effectivement présent devant les assauts qui s’effectuent par vagues successives mais le ressaisissement intervient assez rapidement.

 

La 17ème Panzergrenadier division SS Götz von Berlichingen, avec cinq compagnies vêtues d’uniformes blancs de camouflage d’hiver, se lance devant les bataillons de première ligne du 71st Infantry regiment américain dans le secteur de Rimling (pays de Bitche en Moselle). Une farouche résistance s’installe suite à la réception de renforts et au déclenchement de tirs d’artillerie et de mortiers. Bien que les assaillants accusent de fortes pertes, les combats font rage une compagnie américaine est débordée sur son flanc, obligeant le reste des forces à battre en retraite. Pourtant, s’arque boutant sur leur position de repli, le 1er janvier 1945 vers 2h30 du matin, l’ennemi est presque stoppé et ne progresse plus que très lentement et la 256ème division d’infanterie ne gagne que 6 km. 

 

Les troupes américaines appuyées par des unités françaises mettront un terme définitif à cette offensive le 25 janvier 1945 après des combats de grande intensité et des batailles de chars dans les environs de Hatten (presque entièrement détruite) et de Rittershoffen (Bas-Rhin) entre le 8 et le 20 janvier.  

 

 

 

Hommage aux aviateurs à OULINS

 

L’association Liberty-Jeep était, quatre ans après, de nouveau présente pour la seconde édition de la « Libération du Canton d’Anet » qui se déroule encore aujourd’hui et jusqu’au lundi 16 mai 2016 inclus.

 

Un article paraitra sur cette manifestation à l’issue, mais nous souhaitons déjà mettre l’accent sur une petite mais magnifique célébration qui s’est déroulée le samedi après-midi dans l’enceinte du petit cimetière communal d’Oulins.

 

Blotties autour de son église,  les quelques sépultures des anciens habitants du village comptent parmi elles, depuis la seconde guerre mondiale, les tombes de trois aviateurs britanniques dont le bombardier s’est écrasé sur les collines situées au-delà du mur d’enceinte du haut de ce lieu sacré.

 

En ce 14 mai, un convoi conséquent de quelques quarante véhicules, en majorité des Jeeps, Dodges et GMC, s’était formé au départ du camp de la Friche du château d’Anet avec pour destination ce charmant petit village d’un peu plus d’un millier d’habitants dont une partie nous accueillirent avec drapeaux français et britanniques à la main et en les agitant avec ferveur. Quel superbe moment de plaisir !

 

Après avoir garé nos véhicules dans un grand champ mis à notre disposition, nous formions les rangs et en cortège nous nous dirigeons vers le lieu de la cérémonie accompagnés par le maire et les membres du Conseil municipal, des porte-drapeaux, des habitants (adultes et enfants). Après un dépôt de gerbe effectué par Monsieur le Maire et son premier adjoint et les honneurs rendus au son de la cornemuse écossaise suivi d’une minute de silence, Nous avons écouté un discours simple mais émouvant. Nous avons pu, avec une grande émotion, ressentir toute la sincérité des paroles prononcées, avec des trémolos dans la voix, par un édile très respectueux des fonctions qui lui ont été confiées et qui, à la fois très malheureux par le sort de ces jeunes aviateurs de la R.A.F (Royal Air Force) et de la R.C.A.F (Royal Canadian Air Force) dont le plus jeune n’avait que 19 ans mais aussi très fier de pouvoir honorer leur mémoire dans le cimetière de sa commune et qui nous a narré les deux crashs survenus sur son territoire communal. Cet homme d’une grande simplicité, fier de porter l’écharpe tricolore, a tenu à nous expliquer la venue de la famille d’un de ces aviateur, dont le corps ne repose pas dans ce cimetière mais dont les restes du  corps furent retrouvés bien plus tard sous les débris de l’avion au moment de l’enlèvement de la carcasse calcinée, lors de l’inauguration d’une plaque commémorative fixée sur le mur extérieur de l’église face aux sépultures de ses camarades d’infortune. Il est encore bouleversé par cette rencontre et éprouve beaucoup de mal-être à en parler aujourd’hui tant l’émotion fut intense.

 

A la demande de cet élu bien sympathique qui semblait y tenir particulièrement, nous avons entamé une Marseillaise avec beaucoup d’entrain et ce fut un moment très solennel.

 

Nous avons ensuite été invités à un superbe « pot de l’amitié » offert par la municipalité qui avait grandement fait les choses et avons pu discuter avec nos hôtes, grands et petits, en toute cordialité tant notre venue semblait avoir été appréciée. Cet accueil de la population d’Oulins et de ses représentants officiels a été un grand moment de joie et de partage dans un magnifique cadre rural de calme, de grande sérénité, de patriotisme sans faille et de respect profond pour nos libérateurs.

 

Nous avons pu, à cet effet, énormément apprécier à notre tour les paroles de bienvenue et les encouragements à persévérer dans nos actions de « devoir de mémoire » pour perpétuer dans le temps le souvenir de tous ces jeunes soldats venus parfois de très loin pour libérer notre pays du joug nazi car il est sur que notre présence en grand nombre a apporté son petit effet. Ne boudons pas notre plaisir …

 

Un peu d’histoire désormais pour rappeler pourquoi nous sommes venus ici en ce week-end de Pentecôte qui ne coïncide pas vraiment avec la date de la libération du secteur car les alliés n’avaient pas encore débarqué sur nos côtes mais parce que nous pouvions, pour présenter un camp digne de ce  nom, bénéficier de trois jours consécutifs et par cela même animer le Canton plus longuement.

 

 

Les « crashes » sur la commune d’Oulins :

 

Le 08 juillet 1944, sur la colline surplombant le cimetière communal, l’Avro Lancaster – type B I – sérial n° ME668 ZN-L du 106 squadron de la R.A.F, qui avait décollé à 22h35 la veille du terrain de Metheringham dans le Lincolnshire (U.K), fut touché par la Flak puis pris à partie par 2 chasseurs de nuit allemands alors qu’il revenait d’une mission de bombardement sur le site de bombes volantes V1 de St-Leu-d’Esserent dans l’Oise. Il est partiellement évacué en parachute vers 01h15 alors que ses quatre moteurs sont en flammes. Deux hommes sautent en parachute à 12000 pieds et atterrissent sains et saufs.

 

Le pilote sera le dernier à s’éjecter à 500 pieds d’altitude alors que trois hommes sont morts durant l’attaque. D’après M. le Maire, les trois « rescapés » furent fait prisonniers par les Allemands qui les exécutèrent dans l’heure qui suivit ( ?) mais nous avons des éléments qui ne corroborent pas ces dires.

  • Le Flight Lieutenant Geoffrey Norman MARCHANT, le pilote, de la Royal Australian Air Force, matricule 421814, né le 29.05.1920 à S. rabdwick, New South Wales, Australie fut fait prisonnier et envoyé au Camp Luft III (Fraustadt) sous le N° 7351.
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  • Le Sergeant F. WELLS, mécanicien, de la Royal Air Force, matricule1582186 fut envoyé au Stalag Luft VII (près de Bankau à la frontière polonaise) sous le N° 375.
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  • Le Flying Officer Arthus G KINNIS, bombardier, de la Royal Canadian Air Force, matricule J/26316 initialement évadé, il fut repris et dirigé sur la prison de Fresnes (94) puis envoyé au Stalag Luft III (Sagan) puis en février 1945 au Stalag Luft IIIA de Luckenwalde et fut libéré par les troupes soviétiques – prisonnier N° 8055.

Trois corps sont retrouvés sur le lieu de l’accident et inhumés dans le cimetière communal d’Oulins :

  • Le Flying Officer William, Gordon HARDCASTLE, navigateur, de la Royal Air Force Volunteer Reserve, matricule 151165, 24 ans, fils de William et Charlotte, Maud, Hardcastle, de Balham, London. 
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  • Le Sergeant William, Bert, GLADSTONE, mitrailleur, de la Royal Air Force Volunteer Reserve, matricule 1835119, 19 ans, fils de Thomas, Frederick, Bert et Elisabeth, Emma Gladstone, de Hornchurch, Essex.
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  • Le Flying Officer Frank, Gordon PATERSON, mitrailleur, de la Royal Canadian Air Force, matricule J/28547, 22 ans, fils de Donald et Lydia Paterson, de Toronto, Ontario, Canada. B.A.

Les restes carbonisés d’un quatrième corps, celui qui manquait jusqu’à présent et dont ont ne savait pas ce qu’il était devenu, a été retrouvé plus tard sous la carlingue de l’avion ; il s’agit du Warrant Officer Hilton, Craig BELL, le radio operator, matricule 413946 de la Royal Australian Air Force, 22 ans, né le 06.07.1922, fils de Sidney et Violet, Hilda Bell, de Fairfield, New South Wales (Nouvelles Galles du Sud). Australie.

 

Son nom figure sur le Mémorial des disparus de Runnymède (U.K) sous le n° d’enregistrement P259 et sa mémoire est honorée sous forme de la plaque apposée sur l’église du village.

 

A la même date, provenant de la même base et appartement au même squadron, engagé également sur le bombardement de St-Leu-d’Esserent, l’Avro Lancaster type B I – sérial N° ME831 ZN-R qui avait décollé à 22h40 le 7/7 a été touché par la Flak et fut abandonné par son équipage vers 1h00 du matin le 08 juillet 1944 sur la rive Est de l’Eure à peu près à 3 km à l’Est d’Oulins.

 

 

 

 

Cinq hommes réussirent à s’évader et furent pris en charge par la Résistance française, il s’agit de :

 

Le Pilot Officer A.S MONAGHAN, pilote, le Sergeant C.F SWINLEY, mécanicien, le Flying Sergeant H.G PHILPOTT, navigateur, le Flying Sergeant S.F GAY, mitrailleur, le Flying Sergeant R.K SHERIDAN, mitrailleur.

 

Deux furent fait prisonniers :

 

Le Flying Sergeant N.C.T WAND, bombardier, matricule 1603399, prisonnier N° 420 et  le Sergeant G.A POULTER, Radio, matricule 1323162, prisonnier  N° 405 qui rejoignirent le stalag Luft VII.

 

Un grand merci à Monsieur Pascal LEPETIT, Maire d’Oulins et aux membres du Conseil Municipal ainsi qu’aux supers bénévoles des Services municipaux sans oublier les très sympathiques Oulinois et Oulinoises qui nous ont réservé ce magnifique accueil, ces sourires généreux et cette gentillesse qui nous a tous touchés au plus profond de nous-mêmes.

 

Alain OCTAVIE

L’Association LIBERTY-JEEP  (http://www.liberty-jeep.info)

 

Ainsi que tous les participants de ce convoi et de cette cérémonie …

 

 

 

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