Liberty-Jeep
Liberty-Jeep
Arthur Henry RADBOURNE -pilote de la Royal Air Force

 Moëlan-sur-Mer   

 

Lors d’un passage en Bretagne, il y a quelques temps déjà, afin de photographier la tombe d’un pilote anglais abattu en mer sur le secteur de ce village pour le site « inmemories » de mon ami Pierre Vandervelden, j’ai eu en retour un contact avec Dominique Juray qui m’a confié ces documents le 07 septembre 2012. Cette femme admirable par son abnégation dans les recherches qu’elle a menée pour sortir ce valeureux aviateur de l’oubli et tout le cœur qu’elle a mis à la tâche m’amène, avec beaucoup de retard (qu’elle veuille bien ne pas m’en tenir rigueur) à faire paraitre ces lignes.

 

Rien, dans ce qui suit, n’est l’œuvre d’un quelconque membre de Liberty-Jeep et ce qui appartient à « César » doit être rendu à « Dominique Juray » avec tous nos remerciements les plus sincères.

 

Cérémonie : Un hommage au sergent Radbourne

 

Arthur-Henry Radbourne, sergent pilote de la Royal Air Force, a sacrifié sa vie comme 55.572 jeunes de son régiment (moyenne d'âge 22 ans). Une cérémonie s'est tenue, hier matin, au cimetière, afin de réhabiliter la mémoire de cet aviateur tué lors de la bataille de l'Atlantique en 1943.

Mort à 21 ans

 

Son avion a été abattu le 3avril 1943 au large de Brigneau, par les Nazis, alors que son pilote était âgé de 21 ans. Le lendemain, Joseph Le Torrec et ses cinq hommes d'équipage quittent Brigneau à bord de son chalutier à voile, «L'Ange Gardien». Ils remarquent un corps flottant, revêtu de l'uniforme de la Royal Air Force. Ils s'approchent et remontent le corps sans vie. Enterré en catimini par les Allemands, le corps reposait au cimetière de Moëlan, oublié de tous sauf de quelques Anglais et de sa famille partie vivre en Australie. C'est Dominique Juray qui a fait des recherches et retrouvé la famille. Étaient présents lors de la cérémonie : Trevor et Patricia Jones (neveux de l'aviateur), Kate et Rodney Curtis (président de la Royal British Legion pour la région Centre-Bretagne) et des anciens combattants britanniques dont le président Gordon Rayfield, le révérend Michael Grainger, pasteur anglican, le père Olivier Manaud, prêtre de la paroisse, Suzanne Mazé (la fille de Joseph Le Torrec), Nicolas Morvan, maire, André Salmon, président des Médaillés militaires... Cérémonies religieuse, militaire et bilingue, en présence de nombreux porte-drapeaux, dépôts de gerbes de la famille et des autorités militaires, hymnes nationaux, musiques militaires et surtout beaucoup d'émotion. L'hommage a été suivi d'un vin d'honneur à la mairie, où de chaleureux remerciements ont été adressés à Dominique Juray «qui a remué ciel et terre pour y arriver». Le maire a clôturé cette réhabilitation en déclarant: «Un allié tombé dans l'oubli alors qu'il a donné sa vie pour nous libérer. Merci d'avoir donné à ces hommes l'hommage qu'ils méritent. Nous associerons l'équipage anglais à la cérémonie du 8 mai».   

 

http://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/arthur-henry-radbourne-pilote-de-la-royal-air-force-1363507

 

Recherche de Dominique JURAY.

Reprise avec autorisation par Alain OCTAVIE

Mise en page de Yannick DEHAYES.

         

 

 

 

 

 

SOCIETE NATIONALE  D’ENTRAIDE DE

LA MEDAILLE MILITAIRE

 

 

1628ème SECTION DE MOËLAN-SUR-MER

 

 

 

Sujet :

 

Réhabilitation et devoir de mémoire sur une tombe militaire anglaise du cimetière de notre commune, sépulture quasi oubliée pendant 69 ans. La 1628ème section des Médaillés militaires, et en particulier sa trésorière, ont reconstitué l’histoire de ce drame et retrouvé une partie de la famille de cet aviateur, en Australie.

 

 

 HISTOIRE SUCCINTE DE LA TOMBE DU SERGENT RADBOURNE

 

 

3 Avril 1943, base militaire de Kirmington, dans le Lincolnshire, en Grande Bretagne. En début de soirée, nous référant au registre des opérations du 166ème escadron, le bombardier Wellington Mk.X  immatriculation HE 631  AS-V décolle pour une mission de largage de mines sous-marines le long des côtes du Finistère sud, sur la route des 40 sous-marins allemands qui entrent et sortent de leur base, à Lorient.

 

A son bord, cinq tout jeunes aviateurs.  Les Sergents :

 

Arthur Henry RADBOURNE, 21ans : pilote,

Eric William ALDRIDGE, 32 ans

Wallace CARTER (âge inconnu à ce jour)

Thomas LUSCOMBE, 22 ans

Jack STOCK, 23 ans

 

Au cours de cette mission de nuit, la flak allemande est active. Le bombardier est repéré,  mitraillé. L'avion est perdu, mais le jeune pilote parvient tout de même à amerrir et à s'extraire de la machine (avec une jambe cassée), une brassière de sauvetage autour du corps. En pleine nuit, en pleine mer, il se trouve à environ 12 ou 13 miles de la côte, seul survivant de l'équipage qui a dû couler avec l'appareil. Nous sommes au début du mois d'avril, dans une eau encore très froide.  c'est une lente et désespérante agonie qui aura raison de son courage et de son héroïsme. Il meurt d'hypothermie. (Version officielle. Un témoignage "direct" indique qu'il a dû mourir d'une hémorragie interne, conséquence du choc fantastique de l'amerrissage).

Il venait tout juste d'avoir 21 ans, il était engagé volontaire, comme la totalité des effectifs du "Bomber Command".

(Pendant cette période, et uniquement pour ce Commandement Aérien, 55 573 très jeunes hommes – moyenne d'âge : 22ans ! – ont ainsi sacrifié leurs vies pour contribuer à la défaite du nazisme).

 

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

 

Le lendemain matin, vendredi 4 avril 1943, Joseph LE TORREC, patron pêcheur propriétaire de l'Ange Gardien (chalutier à voiles) appareille du Port de Brigneau, avec 5 hommes d'équipage.

Poussé par un fort vent du nord, le bateau  met le cap plein sud. A une distance de l'ordre de 12 ou 13 miles nautiques, Joseph LE TORREC et son équipage "tombent" littéralement sur le corps du Sergent RADBOURNE, soutenu par la brassière de sauvetage.

Il est hissé avec précaution dans l'embarcation et ramené aussitôt à Brigneau où les Allemands s'emparent de sa dépouille et la placent dans un local à Malachappe, sous bonne garde.  L’occupant  exige alors des témoins du drame d'organiser un ensevelissement discret du jeune pilote

Mais les choses ne se passent pas comme prévu : la nouvelle se propage vite et le lendemain (samedi 5 avril), la population de Moëlan sur Mer -  et plus particulièrement celle de Brigneau  - se rend en masse à l'église et au centre ville pour exprimer son émotion et sa gratitude au jeune soldat.

 

Les Allemands ne l'entendent pas de cette oreille, ils refusent de livrer le cercueil et dispersent la foule en tirant des coups de feu en l'air.

 

Le lendemain matin, au point du jour, le jeune pilote de la Royal Air Force est inhumé dans le cimetière de la ville en catimini, sans témoins, mais cependant après avoir reçu les honneurs militaires de la part des Allemands, pratique courante dans leurs rangs.

Nous sommes le 6 avril 1943.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

 

Après la guerre,, la population de Moëlan a pu témoigner librement  sa compassion et sa gratitude au jeune pilote ; sa tombe a été fleurie et les gens venaient s'y recueillir.

 

Un chapitre du livre "Ces Héros venus de l'ombre", de René Le Guénic,  le dit orphelin, mais ceci est incertain (c'est effectivement une erreur, la famille lors de sa visite l'a infirmé) ; nous savons qu'il avait par ailleurs trois sœurs ainées. Malheureusement, pour des raisons que nous ignorons, sa famille n'a jamais pu se rendre sur sa tombe, à l'exception de sa sœur Beatrice, une fois, en 1976.

 

C'est après cette date que La mise aux normes britanniques de la pierre tombale a été effectuée par  la Commission des Tombes de Guerre du Commonwealth.

 

  LA REDECOUVERTE 

 

A l'occasion de la Commémoration du "11 novembre" 2011, un petit groupe de participants britanniques signale à l'un de nos membres, Melle Dominique JURAY, la Trésorière, la présence de la sépulture du Sergent Arthur Henry RADBOURNE dans le cimetière communal. Par ses dimensions minuscules, sa localisation entre d'autres tombes, sans accès direct, par son aspect assez  négligé (des lichens noirâtres ont entaché la pierre tombale), elle est devenue "invisible". Par ailleurs, aucune signalisation ne permet de la remarquer. C'est une situation qui paraît a priori  peu compatible avec le respect dû à un soldat mort pour la libération de l'Europe.  

 

Dominique relève les indications portées sur la pierre tombale et commence des recherches concernant le pilote enseveli. Intenses et décourageantes, elles s'étendront sur quatre mois et demi avant que le terme "volunteer reserve" ne s'avère déterminant pour l'aboutissement de ce dossier.

 

A partir de là, les choses vont très vite : elle découvre sur un site internet (FindAGrave), le portrait du jeune homme, un onglet "mémorial" qui lui donne accès à des messages laissés 11 jours précisément après le 11/11/2011 ! par des membres de la famille du jeune pilote, désormais établie en Australie,  ainsi qu'une adresse internet.

 

Après maintes péripéties dues aux aléas de l'internet, un miracle de plus s'opère : à l'occasion de la date anniversaire de la mort du jeune Sergent, un de ses neveux retourne sur le site "FindAGrave" et trouve un message déposé par D. Juray. La connexion est enfin établie, à la stupéfaction totale de la famille, qui annonce  qu'elle prépare justement  un voyage vers la Bretagne afin de visiter la sépulture du Sergent RADBOURNE pour la première fois de sa vie !

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

 

On pourrait se demander ce que  la Société Nationale d'Entraide des Médaillés Militaires de Moëlan-sur-Mer vient faire dans ce dossier. Mais nous n'oublions pas que ce jeune homme et son équipage (*)  SONT  DES MEDAILLES  MILITAIRES  (Battle of Britain  et  War Medal 1939-1945), que nous sommes – grâce à leur sacrifice inimaginable aujourd'hui par son ampleur – des Européens convaincus, et il nous apparaît comme un devoir naturel de contribuer à la restauration tant de cette sépulture que de la mémoire de cet équipage. (**)

Nous en sommes d'autant plus convaincus après avoir constaté les réactions de gratitude et de joie pure manifestées par de nombreuses personnes,  britanniques ou assimilées, qui avaient connaissance de cette situation et ne comprenaient pas les raisons de cette indifférence française.

 

Notre souhait désormais est, pour 2013, le 8 mai étant une date officielle très proche du crash, d’agrémenter la cérémonie habituelle par un hommage appuyé à Arthur RADBOURNE et ses 4 compagnons.

 

S’il était possible d’agrémenter cette tombe, désormais "lumineuse" d’une plaque de type  pupitre définitif transparent relatant ces faits, cela permettrait aux personnes parcourant ce cimetière de découvrir ce que cette toute petite tombe, encastrée entre d’autres plus imposantes, contient en terme d’honneur, de dévouement et surtout de sacrifice.

 

 

(*)  Autres membres de l'équipage du Wellington X  HE631  AS-V  abattu en mer le 3 avril 1943 :

       Les Sergents : Eric William ALDRIDGE, 32 ans, Thomas LUSCOMBE, 22 ans,  Wallace CARTER,

       (?), Jack STOCK, 23 ans.

       Leurs corps n'ont jamais été retrouvés.

 

(**)  En fait, à ce jour, la sépulture a été  restaurée  en coordination avec l'organisation des

        Tombes de Guerre du Commonwealth, Bureau français à Beaurains, dans le Nord.