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BARFLEUR 1944

 

Été 2016, quelques jours de congés en Normandie m’ont amené à effectuer un petit périple dans le Cotentin et découvrir que l’histoire pouvait encore trouver sa place dans le parcours touristique de certaines communes et notamment la période de la Seconde Guerre mondiale qui nous intéresse plus particulièrement.

 

A l’initiative de l’ancien Maire de Barfleur, Mr Jacques HOUYVET, que nous saluons et félicitons en entête de cet article, j’ai eu le grand plaisir de trouver ce petit «monument» dédié à la Libération de sa commune et à divers témoignages qu’il a pu recueillir auprès de ses anciens administrés et qui revêtent un grand intérêt pour la mémoire du peuple normand et au-delà, du peuple français qui se doit de connaitre le vécu de leur patrie par le récit de ceux qui ont assisté à ces évènements de notre patrimoine.

 

J’ai donc tenu à faire les photos de ces plaques narratives et de les publier pour que chacun, partout en France, qui n’aura pas la chance comme moi de pouvoir se rendre sur place pour les voir, puisse en lire les textes qui sont reproduits ci-dessous. J’y invite chaque visiteur de notre site à lire la reproduction de ces lignes en écho au superbe travail de cet homme amoureux de son petit bout de Normandie (Le Val de Saire) qui lui tient tant à cœur et dont il peut être fier tellement il est beau et attachant.

 

Je vous laisse donc déguster …

 

 «BARFLEUR l’histoire d’un port»

LA LIBERATION DE BARFLEUR

 

Après l’entrée en guerre des Etats-Unis en Décembre 1941, Roosevelt et Churchill se sont rapidement mis d’accord sur le principe d’un débarquement en France qui seul permettrait de finir rapidement la guerre. Staline pour sa part réclamait avec insistance l(ouverture d’un second front qui soulagerait l’immense tribut en hommes dont l’Armée Rouge payait ses victoires.

 

D’abord prévu le 5 juin, le débarquement fut repoussé de vingt-quatre heures à cause des mauvaises conditions météorologiques. Le 6, celles-ci sont en voie d’amélioration et Einsenhower ordonne le débarquement. Les opérations seront conduites selon les trois phases suivantes que vont vivre les habitants du Val de Saire :

 

1 – bombardement intensif des batteries côtières par air et par mer

 

2 – attaque par air des parachutistes

 

3 – débarquement proprement dit, par mer

  1. Au début de l’après-midi du 5 juin, les bombardements lourds et moyens commencent à concentrer leurs attaques contre le secteur du débarquement. Juste avant l’aube du 6 juin, à 4 heures 14,  les batteries sélectionnées sont visées par la RAF Bomber Command. Rien que sur La Pernelle, en seulement 20 minutes, de 6 heures 25 à 6 heures 45, cent trente et un Marauders vont déverser six cent soixante huit tonnes de bombes sur les ouvrages défensifs de Pernelle qui sera encore bombardée mercredi 7, jeudi 8 et lundi 12 juin. La batterie de Morsalines elle aussi est une nouvelle fois bombardée dans la nuit.
  2. Les 17000 parachutistes des 82ème et 101ème divisions américaines doivent sauter sur Ste-Mère-Eglise et St-Martin-de-Varreville. Le brouillard et les manœuvres d’évitement des tirs de la DCA provoquent un étalement des formations et une dispersion des parachutages sur un vaste espace de quarante kilomètres sur vingt-cinq. Quelques pilotes sont si bien désorientés qu’ils larguent leurs sticks sur le Val-de-Saire ou aux environs, à une trentaine de kilomètres de la zone prévue. Grâce aux Résistants, une grande partie d’entre eux pourront néanmoins rejoindre leurs objectifs.
  3. Les troupes devant débarquer sur les cinq plages prévues (trois sur les côtes du Calvados, deux sur les côtes de la Manche) ont été transportées sur six mile quatre cent quatre-vingt bateaux de transport de tous types et de tous tonnages ; ceux-ci sont escortés par cent quarante trois bâtiments de guerre. Le rôle dévolu à ces navires de ligne (cuirassés, croiseurs, monitors* et destroyers) chargés de protéger les bateaux de transport est de réduire au silence les puissantes batteries côtières allemandes, mais aussi de soutenir l’infanterie à terre.

Vers 7 heures, le mardi 6 juin 1944, les trois premières vagues d’assaut de la 4ème division du général Barton ont envahi la plage de Varreville, universellement connue aujourd’hui sous le nom d’Utah Beach, sans avoir subi de tirs nourris. Elles commencent à sortir des dunes vers 11 heures. Au milieu de la journée, les éléments avancés entrent en contact avec les parachutistes qui ont atteint le secteur de Ste-Mère-Eglise. Au soir du 6 juin, l’assaut de la 4ème division a permis de débarquer vingt-deux mille hommes et mille huit cents véhicules, les pertes se limitant à cent quatre-vingt dix-sept hommes, dont soixante perdus en mer. La première grande t^te de pont américaine en France est solidement établie. L’objectif, à partir de là, est d’isoler la péninsule du Cotentin et de s’emparer du port de Cherbourg.

 

Pendant quinze jours les habitants du Val-de-Saire vont vivre au rythme quotidien des bombes et des mitraillages de l’aviation alliée ; en même temps le cuirassé américain Erebus mouillé à environ dix-huit kilomètres du littoral au-delà de la baie de St-Vaast pilonne les batteries côtières de la Pernelle, Gatteville et Néville. Au début de ce pilonnage, le 6 juin, le tir du cuirassé sur Gatteville est trop court : un obus tombe dans le port, et les suivants sur une maison de la rue Paul Placide, puis sur la grève de la Masse, avant que les cibles soient atteintes. Après la prise de Montebourg et Valognes (nuit du 18 au 19 juin 44) les 9ème, 79ème et 4ème divisions américaines montent sur Cherbourg.

 

La 9ème progresse à l’ouest. La 79ème suit l’axe Valognes-Cherbourg. La 4ème Division est chargée de protéger la 79ème sur sa droite : ce sont des éléments de cette 4ème Division qui vont libérer le Val-de-Saire, depuis Quinéville, les patrouilles légères du 24ème Escadron de reconnaissance de Cavalerie sont chargées de s’assurer qu’il ne reste aucune force allemande dans le Val-de-Saire. Dans la matinée du 21 la troupe A de ce 24ème escadron commandée par le capitaine Brooks Norman, composée de 140 hommes, entre dans Quettehou. Le capitaine envoie alors son 1er escadron commandé par le lieutenant Alsauer libérer St-Vaast, vers 12h30, celui-ci poursuit ensuite jusqu’à Barfleur où les américains arrivent vers 15h, rejoints par une autre colonne venant de Quettehou par Anneville-en-Saire. Ainsi fut libéré Barfleur, quatre ans jour pour jour après avoir été occupé par les troupes Allemandes. Jusqu’au mois de décembre suivant, avec St-Vaast-la-Hougue, il contribuera à la libération de la France de la France en permettant aux Américains de débarquer une partie du matériel nécessaire à la poursuite de leurs opérations militaires.

  • Nom donné en Amérique à un navire cuirassé de moyen tonnage et de type ancien.

  Texte de Jacques HOUYVET figurant sur une des plaques apposées sur les quais du port de Barfleur près de l’Eglise.

 

http://www.ouest-france.fr/normandie/barfleur-50760/libere-depuis-70-ans-barfleur-met-deux-habitants-lhonneur-2651638

 

 

 

«BARFLEUR, l’histoire d’un port»

J’avais 6 ans le 21 juin 1944 …

 

Quand les américains sont arrivés, tout le monde était content et il y eu quelques bousculades. Je me souviens qu’après ce jour-là, dans le port il y avait beaucoup de cargos et des soldats, beaucoup de noirs, qui déchargeaient du matériel, mais aussi de la nourriture, des « rations » comme on disait. Il y avait beaucoup de mouvements.

 

J’habitais dans cette maison au 33 quai Henri Chardon, et je crois me souvenir qu’il y avait sur le toit une mitrailleuse. Cela a failli causer la perte de ma mère, car un jour elle a fait tomber un soldat allemand et elle a été convoquée à la kommandantur. Heureusement pour elle, le soldat avait bien picolé, ce qui a sauvé ma mère. Les américains, eux, supportaient bien l’alcool et le calva !

 

L’officier allemand qui commandait à Barfleur aimait bien notre village, alors il a dit « comme la guerre se termine, je ne vais pas abîmer Barfleur ». Je crois d’ailleurs qu’il a été invité après la guerre par notre maire pour le remercier.

 

Un soldat américain qui s’appelait William m’a donné une sorte de petite lunette, on regardait dedans et en tournant la molette, on voyait de petites étoiles. Je l’ai gardée pendant très longtemps …

 

Témoignage de Pierre BOISARD

 

«BARFLEUR, l’histoire d’un port»

J’avais 10 ans en juin 1944 …

 

5 heures du matin, toute la famille est aux fenêtres, et bientôt dans la rue, sur le quai. Nous n’avons pas beaucoup dormi cette nuit. Les bruits des bombardements au loin nous ont réveillés. Tous les voisins sont dehors : «C’est le débarquement !». Il y a plein de bateaux au large de St-Vaast et la Baie des Veys. Une voisine nous fait monter dans son grenier, le plus haut de la rue. Avec des jumelles, on distingue au loin des bateaux comme des Monts Saint-Michel.

 

Annie et moi, nous sommes très excitées, maman très inquiète. Dans la matinée, les grondements continuent, ce sont surtout des obus de marine qui passent très haut en sifflant, au-dessus de nos têtes, vers les blockhaus de Gatteville.

 

Vite, nous rentrons chez les grands-parents dans la vieille maison basse.

 

Tout à coup, on voit passer André et un pêcheur. Un obus est tombé dans le port, sur un petit bateau qui a pris feu. A la petite fenêtre du grenier, on équarquille les yeux sans voir grand-chose. André, avec un maillet et une hache, tente de couler le canot pour éteindre le feu. Puis, on les voit revenir en courant : «ça marche, le bateau est dans l’eau, le feu est éteint».

 

A peine e sont-ils partis, tout à coup, un gros Boum résonne. Maman nous pousse sous la table. Ma grand-mère et les cousines, Marie et Céline, disent leur chapelet tout haut et invoquent Sainte Marie-Madeleine toutes les 3 minutes. Tout à coup dans le jardin, on voit arriver Auguste (un voisin) en courant, entouré d’un nuage blanc. Il a du sang sur la figure. « Un obus est tombé sur la maison de la tante » dit-il. On le soigne, on le rassure, le calme revient. Auguste et les cousines repartent dans le jardin et nous appellent : «Venez voir le jardin ! On court Annie et moi vers le jardin –paysage de neige – tout blanc – tout beau. Le nuage s’était posé sur les rosiers, les gradillers, les groseilliers, les poiriers. Tout est couvert de plumes blanches, de duvets fins et moelleux. Le vent soulève de petites volutes cendrées qui tombent sur le sol, dans les allées et sur les légumes. «Mon doux Jésus !» s’exclama ma grand-mère : « D’où vient, d’où vient tout çà !?». On ouvre les yeux, on ne comprend pas. Soudain, la tante d’Auguste apparait derrière le petit mur entre nos jardins. «C’est l’obus, c’est l’obus ! Il est tombé dans la chambre et a éclaté dans notre lit de plume ! Où donc allons-nous dormir maintenant ?...»

 

Et tout l’été, les plumes sont restées dans le jardin, surtout dans les rosiers, ma grand-mère n’ayant pas réussi à s’en débarasser. Annie et moi avons laissé les plumes, cet été là, on en a vu des choses nouvelles. On a été bien occupées …

Ce fut un tournant énorme dans notre vie d’enfants : au départ des allemands et à l’arrivée des américains, tout a changé. Barfleur, notre petit port et village, s’est trouvé transformé car nos rues étaient fermées, bouchées par des murs énormes et des barrières de barbelés qui nous empêchaient de circuler.

 

Quand les allemands sont partis discrètement le soir du 19 juin à la tombée de la nuit, nous nous sommes retrouvés seuls entre Barfleurais dans les rues, sur le quai, parlant et discutant bruyamment. La première chose dont je me souviens a été l’ouverture des rues, surtout en bas de la grande rue, où des portes en métal et barbelés fermaient l’accès et nous interdisaient le passage.

 

Des hommes nombreux ont tout fait pour libérer le bas de la rue en enlevant cette grosse barrière. On regardait avec excitation ce travail, et surtout la bouchère de la rue qui fêtait cet évènement en offrant du cidre bouché à ceux qui dégageaient cette rue. Quelle ambiance !

 

Quelques jours avant le départ des allemands nous, les habitants près de l’Eglise rue Saint-Nicolas, avons été privés d’eau potable pendant quelques jours. Au bas de la grande rue (Rue Saint-Thomas), une vieille pompe marchait encore, et nous sommes allés chercher de l’eau dans des seaux et des bouteilles. Mais l’accès était fermé rue Saint-Nicolas et le quai aussi. Cette barrière se situait devant le presbytère. Heureusement, le presbytère avait deux accès : un avant la barrière, le portail de la cour, et l’autre après : la porte de la maison. Notre curé avait tout ouvert et nous avons pu traverser avec nos récipients sur des brouettes, en entrant par la porte du jardin, puis dans la maison, et ressortir par la porte d’entrée sur le trottoir. Le presbytère fut très encombré et bien mouillé !

 

Quelques jours après l’arrivée des américains, nous nous sommes trouvées, Maman, ma sœur et moi à l’hôtel du Phare. Monsieur Houyvet, le propriétaire, recevait un groupe d’officiers américains (Général, colonels) et Maman servait d’interprète pour le Maire, entouré de quelques Barfleurais. Monsieur Houyvet accueillait les officiers américains et leur offrait quelques bonnes bouteilles de cidre bouché, en leur disant : «Je suis ancien combattant et heureux de fêter votre arrivée mon Général, en vous offrant quelques bouteilles de ma réserve.»

 

Récit de Marie Josèphe YVON CHOISY. 

 

«BARFLEUR l’histoire d’un port»

J’avais dix huit ans le 21 juin 44 … ce dont je me souviens

 

  Durant les nuits qui ont précédé ce jour-là, il y avait dans le ciel une activité intense : des lumières, des fusées éclairantes, c’était impressionnant et nous n’avions pas envie de dormir.

 

Lorsque le jour s’est levé, nous avons ressenti quelque chose de bizarre, comme un grand vide.

 

A la Kriegsmarine, à deux pas de la maison que j’habitais avec mes parents quai Henri Chardon près de l’église, il n’y avait aucun mouvement, pas le moindre signe d’une présence. Les Allemands étaient-ils partis dans la plus totale discrétion, ou s’étaient-ils cachés ?

 

En tout cas, moi, je ne les ai jamais revus …

 

Il semble, sur ce sujet et quant au jour du départ des Allemands, que les témoignages divergent.

Mais nous prîmes vite conscience qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire …

 

Car vers 9h ou 10h du matin, un obus s’écrasa sur la maison de Madame Buhot, située cache du Nord, et finit sa course dans un matelas, sans exploser. Il n’y eut pas de victimes, mais un nuage de plumes envahit tout le quartier Saint-Nicolas.

 

Nous les Barfleurais sommes tous sortis dans la rue et je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un Allemand parmi nous.

Nous nous trouvions dans le champ de tir. Les bateaux, une véritable armada, que l’on apercevait par les lucarnes de notre maison située sur le quai, visaient les blockhaus de Gatteville.

 

Il ne fallait pas rester là !

 

Nous sommes partis, avec presque tous les gens du quartier Saint-Nicolas, sur la route de Cherbourg et nous nous sommes tapis dans le fossé à l’abri de la haie … Et toujours sans rencontrer le moindre Allemand.

 

Au bout de quelques heures, nous sommes rentrés chez nous, les bateaux ayant réglé leur tir. Mais, pendant plusieurs nuits, nous avons tous dormi au presbytère, accueillis par l’abbé Gaslonde, curé de Barfleur.

 

Je n’ai jamais récité autant d’Ave Maria que pendant ces nuits-là.

 

Une lourde barrière posée par les Allemands bouchait l’accès de la rue Saint-Nicolas vers le quai. Elle coupait, entre deux portes, la façade du presbytère. Nous entrions par la rue Saint-Nicolas et ressortions sur le quai.

 

Pour moi, et sauf erreur de ma part, ce jour du 6 juin 1944 a marqué, par la fuite des Allemands, la libération de Barfleur.

Le débarquement tant attendu des alliés se réalisait sous nos yeux.

 

A notre grande stupéfaction, nous étions en train d’assister à la plus gigantesque opération navale de débarquement de tous les temps. C’était inimaginable !

 

Des milliers d’hommes de toutes les nations, de toutes les races, venaient à notre secours pour sortir la France de son asservissement et pour lui redonner son indépendance, sa LIBERTE …

 

Hélas au prix de combien de sacrifices ?

 

Et la guerre n’était pas finie …

 

Quelques jours plus tard, la Grande Rue et le port furent mitraillés. Le Sainte-Thérèse, le bateau de mon père, faillit couler, victime d’une voie d’eau vite colmatée.

 

Il fallut attendre peut-être deux semaines pour voir apparaître les premiers soldats alliés. Ils arrivèrent à Barfleur à bord de chars par la Bretonne, la rue de la gare et s’arrêtèrent dans la Grande Rue, avant de prendre vite la direction de Cherbourg. Avertie par le bouche-à-oreille, je pris mes jambes à mon cou pour les voir et les acclamer avec de nombreux Barfleurais.

 

C’était un souvenir poignant, merveilleux, inoubliables … J’ajouterai un fait peut-être peu connu.

 

C’était quelques semaines après le 6 juin, les Américains avaient établi leur quartier général dans un immeuble de la Grande Rue, devenu maintenant le Conquérant. Ils cherchaient à faire de Barfleur un port de débarquement de matériel. Mon Père, Louis Renet, avait rapidement fait leur connaissance.

 

Pendant la guerre, le docteur Bellot lui avait prêté son canot, le Saint-Nicolas, pour qu’il pratique la pêche côtière, le Sainte-Thérèse ayant été volontairement mis en panne en 1940 pour éviter de participer aux exercices de débarquement qui avaient lieu dans la grève de la Masse. Hitler, à cette époque, projetait d’envahir l’Angleterre.

 

Un soir, il était tard, il faisait nuit, on tambourine à la porte. Mon père ouvre les persiennes. Un Américain qu’il connaissait l’appelle à grands cris.

 

«Monsieur Renet, viens, viens vite avec ton petit bateau ! Un avion est tombé tout près. C’est l’un des nôtres».

 

Ils appareillent et trouvent les traces de l’avion qui s’était écrasé sur le rocher de l’Antiquaire. Ils sauvent le pilote. Mais en le débarquant sur la cale du rond-point, ils s’aperçoivent – oh surprise ! – qu’il s’agissait d’un aviateur allemand …

 

Récit de Claude PINTEAUX RENET.

 

 

J’avais aussi vingt et un ans le 21 juin 44 …

 

… étudiant en médecine, je travaillais alors au déchargement du matériel de guerre dans le Port de Barfleur.

 

Par Vincent O. CARTER

 

Barfleur, Témoignage de Marie-Claude HOUYVET FEREY

 

« J’avais 9 ans le 21 juin 44 … »

 

Je n’étais pas à Barfleur le 21 juin mais je me souviens très bien de Vincent que j’ai connu dans les circonstances suivantes en août 1944.

 

Avec mes parents nous sommes venus pour la communion solennelle de Marie-Josèphe Choisy, ma cousine. Maman avant le départ pour Barfleur prend son vélo et fait le tour des fermes par des chemins rocailleux pour apporter quelques produits que les fermiers étaient bien contents de vendre à des français maintenant que les Allemands avaient fuit. Malheureusement une mauvaise chute lui endommage toute la jambe, la plaie était profonde et ne cicatrisait pas. Sitôt arrivés à Barfleur ma tante Denise Choisy, rassure maman et lui dit « je vais tout de suite chercher Vincent » Alors je vois arriver cet homme tout noir qui se penche sur maman pour la soigner. J’étais très impressionnée. Quelques jours plus tard, grâce à des antibiotiques sulfamidés, la plaie était cicatrisée. Un souvenir de gamine profondément ancré dans ma mémoire.

 

Récit de Marie-Claude HOUYVET FEREY.

 

 

«J’avais dix sept ans et demi …»

 

Quand les américains sont arrivés, ma mère m’a dit : va au devant d’eux. J’ai mis ma robe blanche avec des petites fleurs bleues et rouges … Je suis arrivée au carrefour de Madame Rémy et j’étais sur le trottoir de la boucherie Hubert. Il y avait du vent, alors ma robe s’est prise dans une jeep et s’est complètement déchirée ! Quand je suis rentrée à la maison, j’ai dit à ma mère : «  ce qu’ils ont fait pour nous, ça vaut bien une robe déchirée », et ça a atténué la chose …

 

Je me souviens que les allemands avaient réquisitionné tous les vélos, qu’ils avaient mis à la maison de retraite. J’habitais en face. Et ils sont partis avec …

 

Les américains avaient mis Madame Choisy, celle qui récoltait des escargots appelait tout le monde « mes petiots », les américains comme les allemands, au camp de Maupertuis. Mais comme elle leur chantait des cantiques toute la journée, ils l’ont ramenée à Barfleur !

 

Je me souviens que sur le toit de la maison de retraite, il y avait une mitrailleuse, mais quand les avions alliés passaient, pas d’allemands n’ont tiré. D’ailleurs, l’officier allemand qui était à la Bretonne ne voulait pas casser Barfleur.

 

Pendant la guerre, nos parents avaient fait un vœu : que Marie-Madeleine Postel protège Barfleur et tous les ans le 17 juin est célébrée  une messe, fête obligatoire, pour la remercier.

 

Je crois qu’il en a été bien ainsi, car Barfleur fut 2pargné.

 

Léonie BE…. ?   (Nom tronqué sur la photo – avec toutes mes excuses !)

 

 

«J’avais onze ans le 21 juin 44 …»

 

Mais ça a commencé avant le 6 juin par des bombardements, surtout sur La Pernelle. La nuit du 6, on y voyait clair. Ils ont commencé à canarder Gatteville : les premiers éclats sont tombés sur le trottoir. Un avion guidait le tir et alors ils ont tiré sur Gatteville. Avec mon père, l’abbé GASLONDE et un tas de bonshommes, on est monté sur le clocher pour regarder le combat naval entre les batteries à terre et les bateaux. Ceux-ci pour se camoufler ont lancé des fumigènes.

Le 21 juin dans l’après-midi, les américains sont arrivés par la route de Réville. Les premiers, c’était une jeep avec une mitrailleuse dessus et puis après des petits chars. Ils se sont garés mais il n’y avait plus d’allemands. Tout le monde était dans la rue.

 

Sur une maison rue Thomas Becket, il y avait un drapeau bleu blanc rouge et les américains ont cru que c’étaient des allemands ! Je vois encore la tourelle du char qui s’est tournée vers la maison. Heureusement l’abbé GASLONDE est intervenu. Il y en a un qu’est sorti et quelqu’un dans la foule lui a foutu un coup sur la goule !

 

Les allemands avaient piqué les vélos. Mon paternel avait mis le sien dans la maison, les matelots sur les bateaux.

Le maire avait dit, il y a une chambre chez les Duval, alors on avait un allemand, à la maison, qui était venu. Le soir, il discutait fort avec d’autres. Près de la forge, il y avait des cafards alors ma grand-mère a foutu des cafards dans le plumard de l’allemand …

 

«Madame, petites bêtes, petites bêtes, il y en a plein partout» Alors il a foutu le camp !

 

Tout le quai était bouclé par des barbelés mais on passait par en dessous et on allait chercher des rations et des cigarettes pour papa. Il y avait même un hôpital apporté dans des caisses. Un soldat américain a demandé un sac à ma mère et avec une pince, il a coupé les caissons et lui a donné du savon.

 

Les américains échangeaient pas mal de chose, contre de l’alcool, et notamment de l’essence. Des «jerrycans» trainaient un peu partout et on les a ramassés. Mon copain André Crestey a eu le certificat du mérite.

 

Après pour nous remercier, les américains ont offert un repas dans la maison Bretelle, la villa Les Pins, à la Bretonne. Il y avait de la viande, du chocolat, des gâteaux, tout était mélangé, mais c’est un bon souvenir.

 

Récit de Claude DUVAL

 

Barfleur, Certificat du Mérite attribué à André Crestey

Sources :

 

Textes des Barfleurais dont les noms figurent sous les écrits, avec tous nos remerciements.

Photos des plaques figurant sur la stèle commémorative, quai Chardon, près de l’église, par Alain OCTAVIE. (Sept 2016)

Mise en ligne : Yannick DEHAYES.

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Falaise, une ville sous les bombes …

 

Il s’est tenu, à l’été 2016, une exposition sous forme de panneaux illustrés, dans l’enceinte de l’église de la Trinité à Falaise située près du château de Guillaume le Conquérant et du nouveau musée «Mémorial des civils dans la guerre».

 

Visitée par nos soins, cette exposition se devait de trouver un écho sur notre site en hommage à ceux qui l’ont présentée mais aussi et surtout à tous ces normands qui ont du subir cette période tragique d’intenses bombardements qui ont précédé ou suivi le débarquement des Alliés sur leurs côtes.

 

Evidemment, tous n’est pas repris ici, mais nous nous attachons à faire figurer les textes les plus représentatifs afin de donner une vue d’ensemble de cette démarche historique auprès des visiteurs. Par contre, les textes sont repris sans changement aucun, peut-être pas dans l’ordre de leur situation géographiques dans l’édifice, mais dans leur intégralité par rapport aux panneaux photographiés.

 

Le commandement suprême allié du Débarquement.

De gauche à droite : lieutenant général Omar Bradley (USA), commandant en chef de la 1st US Army – amiral Sir Bertram H. Ramsey (GB), commandant en chef des forces navales alliées – maréchal de l’air Sir Arthur W Tedder (GB), commandant suprême adjoint des forces alliées – Général Dwight D. Eisenhower (USA), commandant suprême des forces alliées – maréchal Sir Bernard Montgomery (GB), commandant des forces terrestres alliées – maréchal de l’air, Sit Trafford Leigh-Mallory (GB), commandant des forces aériennes alliées – lieutenant général Walter Bedell Smith (USA), chef de cabinet du général Eisenhower. 

 

Le fallait –il vraiment ?

 

Dans le souci de retarder le plus possible le mouvement de renforts allemands, la théorie militaire du Transportation Plan (destruction systématique des principaux centres ferroviaires) est conçue par Solly Zuckerman, spécialiste dans le civil du comportement des singes, devenu en 1943, conseiller de l’Air Marshall, Sir Arthur Tedder, alors commandant des forces aériennes alliées en Méditerranée.

 

Adjoint du général Eisnhower pour Overlord, Tedder fait partager à son chef, le commandant suprême des forces alliées, l’idée d’une destruction systématique dans un rayon de 240 km de tous les nœuds ferroviaires autour des plages avant le Débarquement. Pour « Ike », le principe directeur d’Overlord devient « basé sur la supposition que notre puissance aérienne écrasante sera utilisée pour préparer la voie à l’assaut ».

 

Mais dès janvier 1944, le concept stratégique du Transportation Plan évolue. En effet, Leigh-Mallory (commandant des forces aériennes alliées pour Overlord) après consultation de Montgomery, estime qu’il faut aussi aplanir «flatten out», les centres importants de communication routière comme Caen, Saint-Lô, Carentan, Lisieux mais aussi Falaise, de préférence par des attaques de nuit la veille du Débarquement.

Montgomery y voit un élément clé de son dispositif sans quoi d’importantes formations ennemies risquent d’atteindre les zones du Débarquement en moins de 24 heures. Après d’importants débats, Churchill fixe l’objectif de ne pas dépasser le nombre de 10 000 victimes civiles françaises. Le bilan sera nettement plus lourd.   

 

L’église de la Trinité à Falaise.

 

 

 

 

Panneau extérieur : l’église Sainte-Trinité, façade sud. Les Bombardements ont obstrué l’écoulement du Marescot. Un plan d’eau s’est formé dans lequel l’église se réverbère.

 

 

 

Panneau extérieur : Venant de la place Belle-Croix, civils au milieu des ruines de la rue Trinité. Au fond, l’église de la Sainte-Trinité en partie détruite.





Panneau extérieur : Vue du sud-est, l’église Sainte-Trinité avant les bombardements allemands de la nuit du 17 au 18 août 1944 qui entraineront l’effondrement du chœur et du clocher.

 

 

A Falaise, à l’heure du bilan, après la fin de la Bataille de Normandie, la situation est apocalyptique. En 1939, la ville comptait 1637 maisons d’habitation. En 1945, il n’y en a que 412 habitées, dont 257 endommagées. 950 maisons ont été totalement détruites. 1 807 immeubles sur 1 803 ont aussi disparu. Seuls 15 commerces sur les 510 locaux avant guerre sont en service.

 

Les bâtiments publics ont aussi été détruits ou fortement endommagés. Le collège dans l’enceinte du château n’est plus, idem pour le Palais de Justice. Cinq écoles sont touchées, voire totalement détruites comme l’école Saint-Jean. L’église Saint-Gervais n’a plus de flèche, la Trinité a été ravagée par l’incendie du 17-18 août 1944 et Notre-Dame de Guibray la plus épargnée a tout de même perdu une partie de sa structure et son parvis. Quant au château, hormis quelques impacts, il a encore survécu aux aléas de l’histoire.

 

Ailleurs dans le Pays de Falaise, si Potigny a échappé aux destructions massives, les villes de Soumont-Saint-Quentin, Fontaine-le-Pin, et Pont d’Ouilly sont très largement détruites.

 

Vue aérienne de Falaise après les bombardements de la Bataille de Normandie.

 

 

Les 6, 7, 10, 12 et 14 juin 1944, les bombardiers lourds du Bomber Command larguent leurs bombes sur Falaise. Ici, bombardement aérien du 14 août 1944 au-dessus de village de Soumont-Saint-Quentin, à 10 km au nord de Falaise.

 

 

Le Pays de Falaise est particulièrement touché par les bombardements et combats des deux mois et demi de la Bataille de Normandie. Ici, l’ancienne église de Fontaine-le-Pin.

 

 

 

Ferme de la famille Chatel aux Moutiers-en-Auge, juillet 1944.

 

Les bombardements aériens alliés des 6, 7, 10, 12 et 14 juin ainsi que les tirs d’artillerie canadiens des combats du mois d’août 1944, entraînent la mort de 185 personnes. Le nombre de blessés est impossible à établir. Pour les survivants, le choc psychologique est majeur. Eugène Gérault, de Soulangy, est présent à Falaise le samedi 10 juin 1944, quand vers 17 heures un bombardement à basse altitude de l’axe Nord-Sud de la ville atteint la rue Clémenceau, les rues adjacentes ainsi que la gare. Il témoigne ainsi :

  • «Malgré les bombardements, il y avait encore des gens à Falaise. Leur parler ? Impossible, Ils étaient comme fous, couraient dans tous les sens, criaient à la recherche de parents. Le plus dur, c’était de l’admettre ; se dire c’est comme cela, pas autrement ! Après ce nouveau bombardement, on a renoncé à déblayer. Nous n’avions plus que nos mains. En quittant Falaise, j’ai entendu des gens hurler, coincés au fond de leur cave. Nous ne pouvions rien faire. Ça m’a énormément choqué. Beaucoup y sont morts de faim, d’épuisement».
Déblaiement et secours après les bombardements

 

 

Peu avant le Débarquement les Alliés larguent des tracts afin d’inciter les habitants notamment de Falaise à quitter leur ville pour se réfugier dans la campagne. Malheureusement le largage est incorrect, les tracts n’atteignent pas la cité et les Falaisiens ignorent que le destin va les frapper.



Après le 7 juin les Falaisiens se réfugient dans la campagne environnante pour éviter d’avoir à subir d’autres bombardements.

 



                                 

                                                 Réfugié au milieu des ruines de Falaise.




La Trinité après sa destruction partielle

 

 

 

        Comme l’église Trinité, l’église Saint-Gervais a également subi de très importants      dommages. Ici le chœur en flammes.

 

Dans la nuit du 17 au 18 août 1944, un groupe d’avions allemands lance des bombes incendiaires sur le quartier de la place Guillaume où stationnent des camions canadiens. Plus de 300 réfugiés sont abrités à la Trinité et vivent cette nuit apocalyptique. Claude et Jean Viale sont de ce groupe avec leurs parents :

  • «Les avions allemands ont commencé à bombarder. La toiture, le clocher et le chœur ont été touchés. Personne n’a rien eu puisque que nous étions massés devant l’entrée, figés par la peur, comme tétanisés. Alors qu’un Canadien bloquait la porte, Jean et moi regardions les bombes incendiaires tomber sur les pavés. Nous avions peur mais on ne pouvait s’empêcher de trouver joli ce feu d’artifice ! A la fin du bombardement, les Canadiens ont ouvert la porte en nous conseillant de fuir par la rue Trinité. C’était le sauf-qui-peut. Mon père nous a mis mon petit frère dans les bras en nous disant de filer vers Caen. On a détalé comme des lapins au milieu des gravats et des incendies, pendant des kilomètres.»
Figés par la peur.
Soldat-infirmier canadien soignant des enfants légèrement blessés

 

Le retour de la sous-préfecture :

 

La sous-préfecture de Falaise fut l’une des 109 sous-préfectures supprimées par le décret-loi Poincaré du 10 septembre 1926. Elle était installée depuis 1841 dans un hôtel particulier de la rue Amiral Courbet qui n’a pas résisté aux bombes de 1944.

 

Imaginée pendant l’Occupation par le gouvernement de Vichy pour gérer au plus près les questions de ravitaillement et de réquisition, la réouverture de la sous-préfecture est effective après le Débarquement et pendant les trois mois de la Bataille de Normandie ;  le maire de Potigny, Paul Barbot est nommé sous-préfet à titre provisoire. Vaille que vaille, sans locaux ni moyens, l’entité administrative tente de répondre aux besoins immenses des sinistrés.

 

A la Libération les élus réclament du Gouvernement Provisoire le maintien de l’arrondissement et le retour d’une administration de proximité. Il faut attendre le décret du 23 juillet 1945 pour qu’un sous-préfet soit enfin nommé. L’intéressé, monsieur Jaquet, a pour mission «d'administrer  les cantons sinistrés des environs de Falaise». Il ne s’agit pas, cependant, d’une sous-préfecture de plein exercice mais d’une délégation de la préfecture du département. L’administration est logée au château de la Fresnaye, le sous-préfet est hébergé au château du Tertre, à cinq kilomètres, où il succède à un hôpital provisoire allemand. La mission du fonctionnaire se termine en 1946. Il reste célèbre, car d’origine suisse, il a permis le parrainage de la cité détruite par la riante ville de Nyon sur les bords du Léman. Les portes de la sous-préfecture se referment alors définitivement.

 

 

Ancienne sous-préfecture détruite lors des bombardements
La sous-préfecture provisoire au château de la Fresnaye
Lettre du sous-préfet au Délégué à la reconstruction pour aider une sinistrée

 

La Nation reconnaissante :

 

Avec ses 20 000 civils morts, ses villages en ruines, ses cités dévastées et son économie anéantie, la Normandie a payé le prix fort pour sa libération et celle de la France. En signe de reconnaissance, la Nation décide d’attribuer en 1948, la Croix de guerre à 14 communes du Pays de Falaise. Falaise se voit aussi simultanément décerner la Légion d’honneur. A l’heure actuelle, seules 45 villes françaises bénéficient de cette double décoration.

 

Liste des communes du Pays de Falaise titulaires de la Croix de guerre 1939-1945 :

 

BONS-TASSILLY, FALAISE, FONTAINE-LE-PIN, LES ISLES BARDEL, MAIZIERES, LE MESNIL VILLEMENT, MORTEAUX COULIBOEUF, OUILLY LE TYESSON, PONT D’OUILLY, ROUVRES, SAINT PIERRE DU BU, SOUMONT SAINT QUENTIN, USSY, VICQUES.

 

La Nation Reconnaissante – Falaise et ses ruines
Les Armoiries de Falaise avec la légion d’honneur et la Croix de guerre.

 

Maire de Falaise de 1947 à 1959, Maurice Nicolas a énormément œuvré à la reconstruction après guerre. Il a obtenu, avec le concours de la Mairie du IXe arrondissement de Paris et son maire Paul Galland, les fonds nécessaires pour dédommager les sinistrés et financer la reconstruction de la ville. Il a également fait en sorte que Falaise soit décorée de la Légion d’honneur. 

 

Le Liberty-Ship «Falaise».

 

Les Liberty-Ships sont des navires standards, construits en série aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale pour transporter le matériel de guerre allié. Ils ont largement contribué à la victoire et permis ensuite de reconstituer les flottes de commerce européennes détruites pendant le conflit.

 

Lancé en février 1944 à Richmond (Californie) le cargo CARL G. BARTH est un des 75 Liberty-Ships acquis par la France auprès des Etats-Unis à la suite des accords Blum-Byrnes de 1946. Il reçoit le nom de la cité normande martyre en janvier 1947 lorsqu’il est confié en gérance à la Compagnie Générale transatlantique ; il rejoint Le Havre par Shangani et Saigon. L’armateur l’exploite sur ses lignes pendant deux ans jusqu’en juin 1948 quand il est rétrocédé aux Messageries Maritimes.

 

Sous le pavillon rouge et blanc, il dessert pendant douze ans les lignes d’Extrême-Orient, des Indes ou de l’Océan Indien. Après un dernier voyage à Papeete début 1960, il est rendu à l’Etat et confié à la société Fraimer qui l’utilise au tramping international. Il est finalement désarmé au Havre fin juin 1962 et ferraillé à El Ferrol (Espagne) en 1964. 

 

Le «Falaise», un des 2 710 Liberty-Ships construits aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale
De conception très fonctionnelle, le navire a été construit en quelques jours à base d’éléments préfabriqués et soudés
Le vaillant navire a porté le nom de la cité de Guillaume sur toutes les mers du globe
Longueur 134,50m, largeur 17,30m, 10 000t, vitesse 1 nœuds. Le «Falaise» est photographié ici à Marseille

 

Recherche et texte : Alain OCTAVIE

Mise en page : Yannick DEHAYES

 

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Emblème du 400 Squadron

 

 

Pilote Canadien à Épinay

 

Tout d’abord, situer Épinay semble nécessaire ; village du département de l’Eure (27) en région Normandie, il est englobé désormais, depuis le 1er janvier 2016, dans la commune nouvelle de Mesnil-en-Ouche qui en compte seize : Épinay donc mais aussi Granchain, Saint-Aubin-le-Guilchard, Jonquerets-de-Livet, Ste-Marguerite-en-Ouche, Beaumesnil, Gourdères, Landepéreuse, Saint-Aubin-des-Hayes, Thevray, Ajou, La Roussière, Saint-Pierre-du-Mesnil, Cisay-la-Couzire, La-Barre-en-Ouche et Bosc-Renoult-en-Ouche au sud de Bernay.

 

Lt Pilot Officer CLARKE

 

Robert William CLARKE

 

Né le 15 février 1922 à Ottawa (Ontario – Canada), fils de Thomas, Noël et de Winifred, Annie CLARKE.

 

Il alla à l’école primaire de 1927 à 1934, puis au lycée au Glebe Collegiate Institute de septembre 1934 à décembre 1936. Il poursuivit à Thunder Bay au Riverdale Collegiate Institute de janvier 1937 à décembre 1939 puis revint au Glebe C.I à partir de mars 1940 jusqu’à juin 1941. Très sportif, il s’est adonné au Hockey, au football américain, au basket-ball, à la gymnastique, à la nation et à l’athlétisme. Il aimait également la musique et avait apprit à jouer de la trompette.

 

Durant les vacances scolaires, il travaillait comme groom dans l’hôtel de son père.

 

R.W CLARKE rencontre la guerre …

 

Dès la fin de ses études, le 25 avril 1941, il s’enrôle dans l’Aviation Royale du Canada (Royal Canadian Air Force) à Ottawa,  sous le matricule J/12318 dans le 400 Squadron basé à Borden (environ 80 km au nord de Toronto) près de la ville d’Angus, il est alors âgé de 19 ans et ne possède aucune formation de pilotage. Robert William CLARKE choisit l’armée de l’Air car cela correspond à son sens de l’aventure, à ses compétences et à son courage. Deux mois plus tard, après une rude formation au Cap de la Madeleine, il reçoit le grade de Lieutenant Pilot Officer (Officier pilote). Il rejoint alors un centre d’entrainement opérationnel à Saguenay (Québec). Le 19 juin, il est envoyé à Moncton et termine sa formation à Halifax. Il estime que son devoir est désormais de participer à l’effort de guerre. Il rejoint l’Angleterre début 1942 où il est basé, avec son escadron sur la côte sud du pays.

 

Il pilote simultanément un P51 Mustang ou un Spitfire. Ses principales missions consistent à intercepter des convois de ravitaillement ennemis qui naviguent dans le Channel.

 

Le 2 juin 1943, il est annoncé disparu lors d’une mission aérienne sur la région Cabourg-Lisieux.

 

En fait, lors du mitraillage de l’aérodrome de Bernay, son Mustang est touché lors d’un duel aérien avec un Messerschmitt 109 et s’écrase sur un chêne dans un petit bois au lieu-dit « La Butte du Moulin » à Épinay. Il est tué sur le coup sans avoir pu, auparavant, sauter en parachute. Le corps est transporté et déposé à la mairie sous la responsabilité de M. André Gibourdel, maire de l’époque.

 

Il est inhumé, avec l’autorisation des Allemands, dans le cimetière communal  où cinq à six cents personnes assistent aux obsèques.

 

Une commémoration du souvenir a eu lieu le 15 novembre 2014 et il fut déposé une plaque reprenant ces mots :

 

«  Robert William Clarke a donné sa vie pour la liberté et pour la paix en Europe.

Les habitants d’Epinay éternellement reconnaissants. »

 

 

http://www.p40warhawk.com/WW2_Era/Photos/ChrisClarke/FredClarke/FredClarke.htm

 

https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.p40warhawk.com/WW2_Era/Photos/ChrisClarke/FredClarke/FredClarke.htm&prev=search

 

Trois autres avions se sont écrasés sur le territoire de la commune d’Epinay dont un au lieu-dit «La Livrée » ; Un B-17 Fortress – type F-45-DL sérial 42-3300 WA*F américain (http://francecrashes39-45.net

/page_fiche_av.php?id=2586), un Potez 63 –type 63-11 sérial 384 C-883 français  

(http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=4604) et un P-38 Lightning – type J-10-LO sérial 42-67527 américain (http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=6273) . Une plaque figure sur le mur de la mairie,  mais ceci est une autre histoire.

 

http://aviation-safety.net/wikibase/wiki.php?id=52445

 

Alain OCTAVIE

Photos : Régis BIAUX

Mise en ligne : Yannick DEHAYES

 

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