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L’ARBALETE AU SECOURS DE LONDRES
RIMONT : Village Martyr de l'Ariège
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La Tentative Avortée : La Bataille de Bretagne ou Bataille d'Ouessant : Rubrique WW II, sous rubrique BRETAGNE
L’ARBALETE AU SECOURS DE LONDRES
Le IIIe Reich, par l’intermédiaire de ses ingénieurs, industriels et inventeurs, n’ont, au fur et à mesure, de l’avancée de la Seconde guerre mondiale, cesser de présenter de formidables avancées technologiques dans la conception d’armes de plus en plus sophistiquées. Si elles étaient particulièrement innovantes elles n’ont pas permis à Hitler de mettre les Alliés à genoux car, à l’instar de quelques engins ayant connu une certaine période de supériorité sur leurs adversaires, leur fabrication a subit la puissance du nombre. En effet, la machine de guerre américaine venue à la rescousse des britanniques a par son impressionnante puissance porté des coups très efficaces à l’industrie fasciste jusqu’au cœur de l’Allemagne.
La blitzkrieg menée sur l’Europe dès 1939 avait assuré aux nazis, de par la supériorité de l’aviation assurant l’irrésistible progression des troupes au sol appuyée par de chars plutôt modestes tant d’allure qu’en armement, ne semblait pas à première vue une armée technologique de premier plan. Notons qu’à cette époque l’armée française était censée être la mieux équipée pour y faire face avec notamment le char B1 bis, soi-disant le plus puissant du monde … c’était sans compter sur des généraux incompétents qui ne surent en profiter.
Le conflit se développant, l’Allemagne ne cessa, année après année, de mettre au point des armes de plus en plus puissantes et sophistiquées telles les chars Panther, Tiger après avoir réutilisé une grande majorité de châssis ou matériels récupérés chez les vaincus et remis à la mode « teutonne ». Le gigantisme est aussi de mise notamment avec des créations lourdes et difficiles à manœuvrer tel le Jagspanzer Elefant ou encore le Panzerkampwagen VIII Maus, le char le plus lourd resté cependant au stade de prototype. Puis, malgré le fait qu’ayant perdu la maitrise des airs, le Luftwaffe met en service, à la place des avions à hélice, des jets à réaction (Me 163 Comet ou Me 262) véritable innovation pour l’époque afin de tenter de reprendre la suprématie.
Malgré tout, ce qui aurait dû être un avantage indéniable ne remporte pas le succès espéré, l’effort de guerre en la matière étant largement entravé par les nombreux bombardements sur les usines de production et le manque flagrant de matière première, la pénurie de carburant qui devient récurrente et les sabotages perpétrés dans les centres de fabrication.
D’autres domaines pourtant ont été mis en chantier dès 1942 et les systèmes d’armes en construction, voire achevés, commencent à être acheminés ou installés sur les côtes faisant face à l’Angleterre où dans des lieux de stockage à partir de décembre 1943.
Depuis le début, la Résistance française et polonaise a déjà fait remonter les informations vers Londres mais il règne encore à ce niveau une certaine négligence de l’état-major britannique. Les diverses reconnaissances aériennes ne démontrent pas de signes significatifs et inquiétants de présence de telles armes sur le nord de la France, la Belgique ou les Pays-Bas, les Allemands ayant procédé au camouflage de leurs installations. Durant l’année 1943, les Alliés sont toujours dans le déni de l’existence de ces nouveaux types d’armes : les V1 (vergeltungwaffe eins) et les V2 (vergeltungwaffe zweins).
Le missile V1 a été développé dans une base secrète située à Peenemünde (à peu près 230 km au nord de Berlin) sur les bords de la Mer Baltique.
L’Aggregat 4 ou A4/V2 est un missile balistique de 12,5 tonnes et de 14m de haut sur son pas de tir emportant 800 kg de charge explosive sur une portée de 320 km à propulsion à ergols liquides (combustion d’oxygène liquide.et de méthanol). Les sites de lancement devaient donc de trouver près des côtes de la Manche ou dans le sud de la mer du Nord, c’est-à-dire de la Normandie au Pas-de-Calais, en Belgique ou à l’ouest des Pays-Bas.
Se basant sur des renseignements assez précis du chef du réseau « AGIR », Michel Hollard (*¹), le SHAEF (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force = Quartier général des forces alliées en Europe) ordonne tout de même le bombardement des sites de lancement des armes V signalés.
Il faut attendre février 1944 pour que le sol anglais fasse l’objet de bombardements par bombes volantes. Le bruit caractéristique et pétaradant du moteur (pulsoréacteur) situé au-dessus de l’arrière de l’engin en forme d’ogive avait attiré l’attention des populations survolées qui avaient regardé avec étonnement ce drôle d’avion aux ailes courtes et sans pilote qui traversait leur ciel à basse altitude. Ils allaient rapidement se rendre compte de la dangerosité de la, chose.
La Résistance avait pourtant avisé Londres que les Allemands avaient mis au point un système de lancement depuis un bombardier Heinkel 111 porteur. Ces appareils décollaient depuis le Hollande et larguaient leurs bombes, au-dessus de la Mer du Nord, qui prenaient alors leur altitude croisière suffisamment basse pour éviter d’être repéré par les radars et ne déclenchant pas la DCA.
De nouveaux renseignements ayant toujours la même origine et concernant maintenant la présence de bases de lancement de fusées V2 trouvent la encore le même scepticisme et pourtant la Résistance polonaise fait la demande de l’envoi d’urgence d’un avion capable de transporter de type d’arme. Un Dakota C-47 de la RAF atterri sur un terrain polonais dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944 pour prendre possession d’un V2 intact récupéré par ces résistants et la constatation est faite que la description qui en avait été faite en 1942 s’avérait parfaitement exacte. Il faudra 17 jours aux scientifiques en charge de son étude pour en comprendre son fonctionnement du moteur et celui de l’engin proprement dit demandera à peu près 3 mois.
CROSSBOW Operation = Opération « Arbalète ».
La fabrication des V1 a débuté dès 1939 mais leur mise en application n’eut lieu qu’à partir du 13 juin 1944. Cet appareil volant sans pilote transporte dans son nez une charge d’explosif de 850 kg et atteint la vitesse non négligeable de 650 km/h pour un poids d’environ 2 tonnes à une altitude comprise en moyenne de 250 à 300 mètres. De ce fait, leur interception par la chasse et la DCA est assez compliquée et seul une moitié de ces engins seront interceptés et détruits en vol avant d’atteindre leur cible. Le manque de réaction coupable des autorités coutera la vie à bon nombre de londoniens en majorité bien que d’autres citoyens anglais en furent également victimes.
Le Führer pensait bien, après la fin de ses espoirs d’envahir l’ile suite à l’échec de son plan Seelöve suite à la Bataille d’Angleterre et la désastreuse mésaventure de la Luftwaffe d’Hermann Goering.
Il est désormais persuadé d’obtenir les armes adéquates pour remporter définitivement le conflit et la reddition sans condition des forces britanniques et en intensifiant les bombardements vers les bases aériennes anglaises et américaines reprendre le dessus en affaiblissant considérablement le potentiel aérien des Alliés. Ces armes au demeurant terrifiantes susceptibles de causer des dommages conséquents sont envoyés à intervalles constants et frappe l’Angleterre sans discontinuer. Il est donc grand temps de prendre cette menace au sérieux et d’intensifier les frappes sur tous les sites liés à ce fléau : les rampes de lancement de V1 et les bases de V2, les centres d’études et de fabrication ainsi que ceux des essais mais surtout les lieux de stockage et les voies ferrées d’approvisionnement. Sur notre territoire une attention particulière sera portée sur certaines cibles particulières telles Nucourt, commune jouxtant Magny-en-Vexin ou L’Isle-Adam (*²) en Seine & Oise (désormais Val d’Oise), Saint-Leu-d’Esserent (Oise) en Picardie (désormais Hauts de France) mais aussi à Martinvast (Manche) dans le Cotentin, proche de Cherbourg et Eperlecques* (usine de fabrication d’oxygène liquide pour les A4/V2), etc …
Eperlecques est donc un site de fabrication et lancement de V2 du Blockhaus d'Éperlecques en cours de construction mais possédant au moins trois unités de production d'oxygène liquide opérationnelles. Le raid est mené par 17 Avro Lancaster du No. 617 Squadron équipés de Tallboy, la cible sera préalablement marquée par 9 Mosquito du 8th Squadron Pathfinder armés de deux bombes de 1 000 lb chacun. Le mauvais temps réduisit la précision et la Tallboy qui frappa au plus près manqua sa cible de 46 m (face sud du blockhaus dont le cratère est encore visible actuellement)
* Site d’Eperlecques : En mars 1943, Adolf Hitler ordonna la construction d’une structure imposante sur le modèle des bases de sous-marins appelée à être indestructible. Ce bunker situé dans la forêt d’Eperlecques, près de Watten (Dept du Nord). Après une attaque alliée réussie, les Allemands déplacèrent cette position, à 12km de là, dans une ancienne carrière entre Helfaut et Wizernes (sud-ouest de St-Omer). Elle servit de lieu de stockage où les fusées étaient mises en sécurité dans des tunnels creusés dans la colline de craie.
https://www.fortlitroz.ch/coupole-dhelfaut-wizernes-base-lancement-v2-atlantikwall/
Les bombardiers lourds américains des 8th et 9th USAAF ceux de la RAF aidés de bombardiers moyens entrent alors en action tant sur les sites précités que sur le territoire allemand. Chez nous, les principales opérations seront, le 22 juin 1944, ciblées sur Nucourt*(³ (70 B-17 Superfortress) nom de code ‘Nordpol’, sur Saint-Leu-d’Esserent (*ᶣ) le 27 juin (91 B-24 Liberator), le 4 juillet (248 Lancaster de la RAF), le 7 juillet (208 Lancaster et 13 Mosquito éclaireurs), le 15 juillet de nouveau sur Nucourt (47 Lancaster et 6 Mosquito), le 31 juillet sur la voie ferrée et notamment sur le tunnel de Rilly-la-Montagne dans la Marne, nom de code ‘Richard’ (97 Lancaster et 36 Mosquito (1 appareil abattu), le 5 août sur Saint-Leu d’Esserent pour parachever la destruction (469 Halifax, 272 Lancaster et 16 Mosquito), le 27 août, sur Eperlecques (187 B-17).
Ces raids ne sont pas sans occasionner de pertes parmi les équipages qui y participent : 54 bombardiers quadrimoteurs sont abattus avec pour conséquence la mort de 264 aviateurs, 45 autres seront faits prisonniers et 62 seront recueillis par les réseaux de Résistance dans l’Oise et les départements limitrophes et rapatriés vers l’Angleterre.
Ici LONDRES, les Français parlent aux Français ! "Ce soir nous irons à la bonne aventure".
Ce message personnel codé était envoyé par la B.B.C. (radio de LONDRES) et souvent répété deux fois (pour s’assurer de la bonne réception et compréhension) qui prévenait les habitants de Saint-Leu-d’Esserent et des villages alentours qu'un bombardement était programmé dans la nuit ou dans la journée et qu’il fallait se prémunir !
A fin août 1944, Saint-Leu-d'Esserent est détruite à 85%, le site est inutilisable par les allemands. Il va sans dire que la population civile paiera un lourd tribut à ces opérations d’envergure car la simple décision de l’Etat-major allié de bombarder les lieux qui leur pose problème avec le fait acquit que les habitants étaient considérés comme victimes collatérales. Les exemples seront nombreux : St-Lô, Caen, Le Havre pour ne citer que ces localités parmi l’hécatombe …
Du côté de l’ennemi, les chiffres donnés sont les suivants : de juin à août 1944, sur l’ensemble des tirs effectués à partir des sites de lancement situés en France, 8564 V1 furent lancés en direction de Londres et 3564 l’atteindront. On dénombrera 6184 tués et 17981 blessés graves, environ 750 000 habitations détruites ou sérieusement endommagées. Il est cependant à noter que le manque de précision de ces engins occasionnera des lancés trop courts ou trop loin de leur objectif initial. La désinformation jouera aussi à plein et nombre de fausses données seront ainsi communiquées. Les Allemands prenant en compte ces informations erronées, une grande partie des bombes volantes tombera alors loin des agglomérations.
Au cours de la nuit du 17 au 18 août 1943, 590 Avro Lancaster avait bombardé l’usine de Peenemünde, suivi le 18 juillet et le 4 août 1944 par une vague de 413 Boeing B-17. Les dégâts causés sont très importants mais quelques bâtiments primordiaux sont intacts et les archives sont sauvés. Les Allemands camouflent alors les lieux pour continuer les essais mais Hitler juge l’endroit trop exposé et ordonne un déménagement près de Nordhausen (nom de code Dora) sous le massif de Harz dans le land de Thuringe (61 km au nord de Erfurt) et à Thil en Lorraine (nom de code Erz) en Meurthe & Moselle, près de la frontière du Luxembourg.
Tallboy et Aphrodite :
La bombe Tallboy est une bombe aérienne « sismique », c’est-à-dire qu’elle pénètre d’abord le sol avant d’exploser en provoquant un mini tremblement de terre qui s’attaque en premier lieu aux fondations avant d’assurer la destruction des structures supérieurs des cibles. D’un poids de près de 5,5 tonnes et possédant environ 2,4 tonnes d’explosif, (Torpex D1) elle mesure 6,4 mètres de longueur. Elle fut utilisée avec succès conte le Tirpitz et les bunkers spéciaux du Pas-de-Calais devant servir de bases d’armes V, telles la coupole d’Helfaut-Wizermes, la forteresse de Mimoyecques ou Eperlecques et avec moins de succès sur les bases de sous-marins de Lorient, Brest ou La Rochelle.
L’opération « Aphrodite » était une mission préparée par l’USAAF qui consistait en une opération expérimentale inclue dans l’opération Crossbow, devant servir à détruire les équipements de production et de lancement de V1 en utilisant des bombardiers B17 endommagés mais pouvant encore voler et dépouillés de tout équipement pour réduire la charge inutile. Ils étaient alors chargés d’explosifs et télécommandés depuis des appareils qui volaient dans un secteur proche d’eux. C’est la 3rd Bombardment Division qui fut chargée par le major-général James H. Doolittle, en 1944, de la mise en action des tests et essais puis les phases finales furent mises en œuvre par le 562nd Bomb squadron depuis la base anglaise de Honingyon (Comté de Suffolk).
Conclusion :
Si les aviateurs américains avaient pour missions de cibler leurs raids sur des objectifs stratégiques ab Allemagne et s’y s’ont tenu non sns quelques dommages collatéraux sur la population civile, les équipages britanniques suivaient les ordres reçus de leur état-major de se concentrer sur la destruction systématique des villes afin de terrifier la population en instaurant un climat de terreur permanent. Deux politiques bien différentes qui n’eurent pas dans le second cas lae résultat escompté. La dernière bombe volante atteint le village anglais de Datchworth proche de Hertford le 29 mars 1945.
(*¹) Louis Michel Hollard : né le 10 juillet 1898 à Epinay sur Seine et mort le 16 juillet 1996 à Ganges (Dept de l’hérault), fils d‘Auguste Hollard (professeur de physique nucléaire à l’école de physique et chimie de Paris et à la Sorbonne) et de Pauline Monod (cousine germaine de Théodore Monod et de Jacques Monod, prix Nobel). Il est à noter que notre ancien président d’honneur, membre de Liberty-jeep, Armel Monod (voir notre rubrique : « Nos Ainés & Amis »), époux de Francine Jacob (cousine germaine de Mme Simone Weil), décédé en 2020, faisait également partie de cette illustre famille. La famille Hollard est d’origine suisse (Orbe, canton de Vaud), il fut un grand résistant qui multiplia les allers-retours entre Paris et la Suisse afin de livrer ses renseignements au Consulat britannique.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_AGIR
(*²) Voir notre article sur le Camp allemand de l’Isle-Adam - https://www.liberty-jeep.info/ww-ii/en-ile-de-france/le-camp-allemand-de-l-isle-adam/
(*³) NUCOURT : https://nucourt.fr/wp-content/uploads/2019/08/nucourt-com-info-112-low.pdf
(*ᶣ) « Document concernant le stockage de V1 dans les carrières de St-Leu-d’Esserent. »
Les carrières de Saint-Leu-d'Esserent sont exploitées jusqu'au début du XXe siècle avant d'être utilisées pour la culture du champignon de Paris.
En janvier 1940, la société Brissonneau-Lotz, qui construit des fuselages de bombardiers, y transfère sa production et aménage 3000 m² de
galeries (bétonnage du sol, ventilation, chauffage, cantine, dortoir). Durant cinq mois, plus de mille personnes y travaillent.
Après l'armistice, les carrières sont mises en sommeil. Au printemps 1943, les Allemands décident d'y installer un dépôt de stockage de V1.
Le site, baptisé Léopold, doit stocker 4 000 V1 maximum. La superficie utilisable est portée à dix hectares. Des maçons, des terrassiers sont recrutés pour, leur dit-on, construire une caserne. Les
chemins d'accès sont bétonnés, un raccordement à la ligne SNCF Paris-Lille est effectué au niveau de l'aiguillage du "Petit-Thérain".
En décembre 1943, la 155 Flak Regiment W prend possession de Saint-Leu-d'Esserent, à partir de cette date on n'accepte plus de
Français.
Fin février 1944, le stockage commence, des convois d'une trentaine de wagons arrivent quotidiennement en provenance de Nordhausen et
déchargent 90 V1. A la fin de l'hiver, le dépôt est plein, commence alors le transport vers les rampes de lancement du Nord de la France. Transport par camions ou par voies ferrées.
La Résistance oisienne transmet assez rapidement à Londres la nouvelle et les plans. Les premiers bombardements des carrières ont lieu le 4 juillet.
Avant de partir, les Allemands décident de détruire leur installation, ils ne réussissent que partiellement. Les troupes des Etats-Unis
s'emparent du dépôt à 80% intact.
L'exploitation des carrières reprend en 1948.
Sources : Archives ANACR-Oise
Autres sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Forteresse de Mimoyecques - https://fr.wikipedia.org/wiki/Blockhaus_d%27%C3%89perlecques
Wikipédia – Livres : L’homme qui a sauvé Londres de George Martelli, éditions Julliard. – Michel Hollard,Le français qui a sauvé Londres de Florian Hollard (Préface de Mme Simone Veil)
Photos : Internet – American Air Museum.
Recherches et texte : Alain OCTAVIE
Mise en page : Yannick DEHAYES
Il existe des films, DVD ou livres sur ce sujet :
RIMONT, Village martyr de l’Ariège
Nous sommes en août 1971 et je fais mon arrivée au Centre d’Entrainement du 9eme RCP (Régiment de Chasseurs Parachutistes) dans le petit village de Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn. Affecté à la 12e compagnie, je partage ma chambrée avec les futurs chauffeurs du régiment. Chouette, je vais pouvoir passer mon permis de conduire, … et bien non ! Je serai dirigé vers une formation de chiffreur dépendant de la section « radio » à la CCS (Compagnie de Commandement et Services).
C’est alors que je serai adjoint en binôme avec Jean T, un sympathique ariégeois tout droit issu d’un petit village du département 09 dont le nom m’était jusqu’alors totalement inconnu : Rimont.
Nous ne nous quitterons plus durant tout notre temps de service militaire. Amoureux de sa région natale, il me contera une tranche tragique de son histoire durant la Seconde Guerre mondiale qu’il détient lui-même de son grand-père qui a vécu ces évènements.
Il est bien entendu qu’il n’a pu me dévoiler la totalité de la chose, ne l’ayant pas vécu lui-même, mais seulement les bribes qui lui avaient été rapportées suivant les souvenirs du « papé ».
C’est donc suite à une discussion avec un « ancien » du 9ème rencontré par hasard en Normandie que, 50 ans plus tard, mes propres souvenirs remontent à la surface et me donne envie de vous raconter cette tragédie. Certes, ce n’est pas le seul village français à avoir connu l’horreur de la barbarie nazie répertoriés dès le 13 mai 1940 jusqu’au 27 septembre 1944 (Oradour-sur-Glane, Dun-les-Places, Maillé, Ascq, St-Genis-Laval, Basse-sur-le-Rupt, Etobon, autre autres …) soit 327 massacres, mais la gravité de ton de Jean dans la narration de cette mésaventure qui avait touché le village de son enfance m’avait, à l’époque, ému.
Ces exactions ont été perpétrées, aussi bien, contre des civils dans les villes et villages (hommes, femmes, enfants, vieillards, handicapés), que des otages choisis au hasard, des résistants, des prisonniers de droit commun, des prisonniers de guerre français & alliés et bien d’autres …
Après un accrochage avec des maquisards, les troupes allemandes exécutent un instituteur en vacances à peine âgé de 28 ans et 10 habitants âgés de 44 à 78 ans ; le village est détruit par incendie. C’est par ces mots qu’il m’avait annoncé l’histoire.
Ce que j’ai pu glaner sur plusieurs sources :
Le 6 juin 1944, les armées alliées débarquent sur les plages de Basse-Normandie et les Allemands doivent alors leur faire face et pour cela ils ont besoin de renforts. Les troupes répandues sur tout le territoire mais pratiquement au sud car Hitler qui ne croit toujours pas au véritable débarquement craint toujours celui dont il est persuadé qu’il se déroulera dans le Pas-de-Calais, reçoivent l’ordre de remonter vers le nord de la France. C’est donc le 20 juin 1944 qu’une colonne se forme pour quitter Tarbes (Hautes-Pyrénées) pour se diriger vers l’Aude et rejoindre la vallée du Rhône en grossissant ses rangs en passant par la Haute-Garonne, l’Ariège, l’Aude puis bifurquer vers Lyon. En fait, les Alliés, commençant maintenant leur avancée vers Paris mettent les « Teutons » éparpillés dans le sud du pays dans une position très inconfortable en les positionnant sous la menace d’un isolement et d’une prise en tenaille qui risquerait de les couper du reste de leur force et de pas pouvoir rejoindre des positions plus proches des frontières de leur pays d’origine en cas de repli général. Il faut savoir que les contingents affectés à la surveillance de certaines villes où les passeurs étaient très actifs sur la frontière espagnole, telle Saint-Girons particulièrement dans le viseur du commandant du secteur, le capitaine Dreyer à la tête d’une importante garnison forte d’environ 300 hommes où il faisait régner la terreur.
Le 21 juillet 1944 fut décidé une épuration des divers maquis des régions sud de Toulouse qui harcèlent les troupes allemandes et les groupes paramilitaires favorables au gouvernement de Vichy.
Revenons à notre colonne allemande car elle atteint, vers le 18 août, Saint-Gaudens où elle se regroupe avec d’autres éléments de troupes d’occupation. Préparant leur retraite, ils ont réquisitionné nombres de véhicules et bicyclettes tout au long de leur passage et profite de celui dans cette ville moyenne pour continuer leur razzia. C’est dans la nuit du 19 au 20 qu’ils décident de lever le camp pour se diriger vers l’Ariège mais quelques 300 « Mongols », (des auxiliaires Turkestanais – Turkmènes - russes d’Asie centrale (1ère légion duTurkestan) enrôlés de force et portant l’uniforme allemand) sont encore au sein de la caserne de la ville où quelques camions reviennent victimes d’avaries ou de manque de carburant. Après quelques échauffourées avec la Résistance et divers pourparlers, c’est le 20 août 1944 vers 11heures 50, sans autres représailles qu’ils évacuent le secteur pour continuer leur reflux. Il est à noter qu’une quinzaine de ces « Mongols » retardataires sont tout de mêmes faits prisonniers par les maquisards du groupe Lachaux, CFP de Haute-Garonne, commandé par Pierre Lachaux « Duclos », chef du maquis Bidon V créé dans la région d’Arbas. C’est à cette même date que les choses s’accélèrent quand, à Saint-Girons, 250 maquisards aidés par 150 membres de l’AGE attaquent sans alerte préalable la garnison en place. Les Allemands, en infériorité numérique, de réfugient dans l’ancien collège. Alors qu’il s’avance pour tenter de négocier une reddition des insurgés, un jeune maquisard, René Plaisant, est abattu au coin de la rue Saint-Valier. Quelques heures plus tard, la Résistance parvenait à se débarrasser du fameux capitaine Dreyer el l’abatant alors qu’il traversait le « Champs de Mars », près du café de la Poste par un tir précis d’un jeune FTP, François Madrigina.
C’est près du col de la Crouzette* (altitude 1244 m) sur la route des cimes entre Saint-Girons et Foix, qu’une attaque menée le 21 juillet contre les maquis (FTPF & AGE = Agrupación de guerrilleros espaňoles), sous l’égide de Pierre Marty, intendant de police de Toulouse. Les forces conjointes des troupes allemandes, du Groupe d’Action pour la Justice Social (GAJS) du PPF, du GMR (Groupes mobiles de réserve = unités de police vichyssoise organisées sur le modèle de la Garde Mobile) et d’éléments de la Milice de l’Ariège et de la Haute-Garonne.Après avoir été encerclés, les résistants, ne subissant que quelques pertes légères, réussissent à prendre la fuite en se repliant rapidement sur Rimont laissant les assaillants pourtant supérieurs en nombre sur un échec cuisant. Ne voulant pas rester sur cette récente retraite honteuse, les maquisards décidèrent donc de tendre une nouvelle embuscade aux allemands dès le 28 juillet près du village tranquille de Rimont.
* Crouzette : nom de « petite croix » en rapport avec le croisement des trois voies de rejoignant au col, venant de Foix (à l’est), de Biert (au sud) et de Rimont (au nord).
Après qu’ils aient quitté Saint-Girons, ayant eu maille à partir avec les « terroristes », Allemands & « Mongols » qui avaient intégré la colonne qui refluait depuis Saint-Gaudens se dirigèrent en direction de Foix en ce 20 août 1944.
C’est également à cette date qu’un premier massacre avait eu lieu au village de Lhez, entre Tarbes et Tournay (Bigorre) en représailles à des combats entre Maquisards et « Boches ». Cinq personnes trouvent une mort atroce, brulées vives, dans l’incendie de leur maison ; trois membres de la famille Lansalot, la grand-mère (60 ans), la fille (20 ans), la petite-fille (2 mois) ainsi qu’une enfant de l’assistance publique (10 ans) placée là par la DDAS. Cette tuerie est due à la présence d’un résistant blessé, Alfred Campanini, immigré italien faisant partie du Corps Francs Pommiès (à déterminer !!!) qui y était caché et soigné. Il périra également dans l’incendie.
Le 21 août, à l’aube, l’occupant décidait de quitter la capitale du Couserans (st-Girons) pour rejoindre celle de l’Ariège (Foix). Maintenant la colonne s’adjoint la garnison « Dreyer », la formation de surveillants des installations pétrolières de Boussens et Saint-Gaudens (Hte-Garonne) repliée depuis peu sur Saint-Girons, et quelques membres supplémentaires de la Milice française qui par cela tentent d’échapper à la vindicte des maquis à qui ils ont fait tant de mal.
Sur leur chemin, alors qu’ils se dirigeaient vers le village de Lescurre, encore une fois dans le secteur du col de la Crouzette dans le massif du Plantaurel, entre Rimont et Massat, les occupants et sbires (PPF local et Milice) subirent, le 21 août, une nouvelle embuscade de la part des ariègeois du maquis de la Crouzette sérieusement renforcé par diverses compagnies de FTPF (Francs-tireurs et partisans français), la brigade de l’AGE ariègeoise (3eme), divers membres de milices patriotiques des villages alentours et du maquis de l’ Armée Secrète (AS) « Normandie »*(¹). Cet accrochage se solda par la mort de dix-sept membres de la colonne motorisée des forces de l’axe.
*(¹) Le maquis Normandie était formé, pour la grande majorité, de combattants originaires de La Bastide-de-Sérou (Ariège), chef-lieu de canton situé entre la chaîne pyrénéenne du Plantaurel au nord et le massif de l’Anze au sud, et dirigé par Aimé Pauly qui trouvera la mort lors d’un assaut d’allemands venant de Foix et de Saint-Girons contre la ferme du Péroulet qui fut incendiée.
Rendu furieux par cette attaque, le chef de la colonne, le commandant Schopplein, ordonne d’incendier la totalité du village et de fusiller tous les hommes de plus de 14 ans qu’ils pourront trouver. Le lieutenant Schermag, un homme zélé, discipliné et peu scrupuleux prépare ses hommes à la rafle avant que le lieutenant Harms, pasteur, ne s’oppose à cet ordre en s’interposant et en déclarant : « Agissez donc en chrétien, moi, je n’aime pas cette façon de faire la guerre ». Après un temps d’hésitation, l’exécution de cet ordre sera suspendue et Lescurre échappera au pire. Désormais, les Allemands se trouvent devant un dilemme ; quelle direction prendre ? à droite par la Bastide-de-Sérou pour rejoindre Foix par le col de Port mais ceci s’avère plein de risques ou bien à gauche, par la Mas d’Azil pour rejoindre Toulouse par la Vallée de l’Arize. Le gros point noir de cette solution s’avère être la traversée de la gigantesque grotte du Mas. Cet endroit figure en rouge sur la carte car il préfigure être un obstacle des plus redoutables en cas d’embuscade. En effet, les maquis du secteur y avaient prévu de les attendre de pied ferme. La première solution est adoptée et la colonne se dirige donc vers Rimont.
Mais, il faut savoir que Rimont était noté en gras sur les tablettes de l’occupant pour ses bois entourant le village qui servait d’implantation au maquis de la Crouzette (l’un des plus anciens et des mieux structurés de la région) qui pouvait venir s’y ravitailler en toute impunité, comptant nombre de sympathisants et complicités. L’arrivée en vue du village s’effectue sous la chaleur car le soleil est déjà presque au zénith et cette colonne a déjà été repérée. Ce fut donc sous le feu d’un groupe de douze hommes et de huit membres de AGE que Jean Farras les accueille mais il réalise très vite que la supériorité des arrivants aura vite raison de sa résistance et il invite les villageois à prendre la fuite rapidement. Si beaucoup d’habitants apeurés choisirent de quitter le village à l’annonce qu’une colonne d’une quarantaine de véhicules ennemis approchait du bourg pour gagner un abri de fortune dans la campagne alentour, d’autres mal informés par le commandant de la gendarmerie qui, à l’époque, avait adopté une position plus favorable au gouvernement en place plutôt qu’aux réfractaires de la Résistance jugés comme hors-la-loi, préféreront se terrer dans leurs habitations car, pensaient-ils, rien ne justifiait vraiment un arrêt dans cette petite localité. Ceux-là ne se souvenaient déjà plus qu’à deux reprises, des opérations de représailles avaient eu lieu ; la première après un accrochage d’une colonne allemande par des maquisards, le 1er juillet, ce qui provoqua l’incendie du hameau de Calibères et la seconde le 13 juillet pour procéder à l’arrestation du sénateur Paul Laffont, docteur en droit, avocat au barreau de Toulouse et maire de Rimont, engagé dans la Résistance et du Docteur Charles Labro, activiste résistant, qui furent assassinés par des miliciens du PPF après avoir été torturés à la suite de dénonciations.
Revanchards après les harcèlements successifs qu’ils avaient subis lors des 21 et 28 juillet, des 20 et 21 août, les Allemands décident de frapper un grand coup en représailles comme ils avaient malheureusement l’habitude de le faire, contre la population civile innocente mais jugée, à leurs yeux, comme complices des combattants du maquis. Ils décidèrent donc de se déchainer sur le village de Rimont considéré comme terreau favorable aux « terrorisme ». Ce choix fut donc délibéré et c’est ce qui entrainera une réaction violente de représailles envers la population innocente de cette commune. Cependant à quelques lieues de Rimont, vers 11 heures, sur les abords de l’abbaye de Combelongue reconvertie d’établissement religieux en colonie de vacances arrive un commando. Ils font irruption dans la chapelle où l’abbé Auriol, dirigeant le centre, avait regroupé la cinquantaine de pensionnaires en entendant des tirs du côté du village de Rimont. Ne perdant pas son sang-froid, il interroge le sous-officier qui se présente à lui : « Catholique ? » et reçoit la réponse suivante : Non, protestant, mais nous croyons au même Dieu » et celui-ci faisant signe à ses hommes, fait demi-tour et quitte les lieux. Durant ce temps, la troupe avait déjà pénétré dans la bourgade et incendiaient les maisons au fur et à mesure de leur avancée tout en récupérant la population. Plusieurs groupes d’otages sont ainsi rassemblés. Ainsi, 236 bâtiments furent détruits dont 152 maisons sur 169 (la mairie, l’école, les archives communales, des habitations de hameaux attenants et quelques fermes isolées à l’exception de l’église qui fut épargnée). Ce sont les « Mongols » qui s’adonnèrent aux exactions en pillant et allant même jusqu’à violer des femmes dans leurs maisons. La receveuse des postes, s’efforça, au risque de sa vie, d’alerter les groupes de Résistance des environs. Elle put joindre l’Etat-major des F.F.I de Foix puis les divers groupes proches (Castelnau-Durban, Pamiers, Le Mas-d’Azil avant que la porte de son bureau ne soit enfoncée. Accompagnée de son époux, elle prit la fuite par la cave et d’un maquisard blessé et ils réussirent à se sauver malgré les rafales qui les frôlèrent. Dans les rues, les coups de feu éclataient de toutes parts, les maisons s’embrasaient les unes après les autres. A cette heure, il y avait déjà onze tués parmi les villageois ou les résidents temporaires de la commune qui avaient fait le choix de rester chez eux. La plupart étaient âgés et se pensaient à l’abri des représailles étant simples agriculteurs et un instituteur.
C’est vers midi que les secours arrivèrent sur place avec un détachement de la 3101eme Compagnie de Francs-Tireurs Partisans conduit par le lieutenant Lummert. Ils sont, dans un premier temps, rejoint individuellement ou par petits groupes armés de volontaires de Castenau-Durban, de La Bastide puis d’un important contingent du maquis de la Crouzette. Vers 14h00 se présente un fort groupe de guérilleros Espagnols de l’AGE sous le commandement du Cdt Royo puis deux détachements des milices patriotiques du Mas-d’Azil. Les Allemands se trouvent pris au piège car cernés de toutes parts. Leur situation devient critique lorsque vers 16 heures de nouveaux renforts arrivent de Pamiers avec un premier groupe sous les ordres du commandant Calvetti puis un second avec les F.T.P du lieutenant Lepinc. Toute tentative de sortie des « Germains » se solde par un échec.
Le commandant Theodor Schopplein et ses officiers décident donc d’attendre la nuit pour passer en force et se sortir de cet encerclement. Ils le paieront très cher car ayant tenté la chance, il ne récolte que l’enfer.
Sur six kilomètres qu’ils parcourront durant la nuit pour atteindre Castenau-Durban au matin, ils seront constamment attaqués à la grenade et laisseront en chemin plusieurs camions et véhicules divers avec leurs équipages. La route, au lever du jour offre un spectacle tragique, jonchée de carcasses calcinées et de cadavres. Le reste de la colonne trouve, comme la veille, un village quasi déserté par ses habitants mais là encore, quelques inconscients sont restés dans leurs habitations et certains le paieront de leur vie car dans la matinée, un guérillero et un jeune homme originaire de Montpelier seront abattus sans sommation. Le commandant Schopplein prend alors une décision surprenante en interdisant à ses hommes de procéder à tout pillage ou incendie sous peine d’être passé immédiatement par les armes. Le moral des Allemands est au plus bas car, une fois de plus, ils se trouvent encerclés parles mêmes troupes de Résistants que la veille auxquels sont venus s’ajouter les 101eme et 103eme détachements de F.T.P du lieutenant Cauret et l’abbé Ferrand qui se positionnent dans le secteur de Durban et les hauteurs environnantes. Désormais les Allemands sont bloqués et Schopplein décide la reddition en signant l’acte à 19h30. Le bilan de ces deux jours se traduira par 250 morts chez les Allemands, 32 morts chez les maquisards et 12 victimes civiles (dont le jeune homme à Castelnau), 321 personnes se retrouvèrent sans-abri à la suite de ces destructions.
Tandis que le lieutenant Schermag est condamné à mort par un tribunal d’exception créé de toute pièces et mis à mort, la plupart des officiers enfermés dans une grange sont exécutés sans jugement dans des conditions qui restent inconnues et le commandant Schopplein qui, suite à cela, tente de s’échapper est abattu en pleine rue.
Ce récit, je le dédis à mon camarade, Jean, que je n’ai jamais revu depuis le jour de notre libération de nos obligations militaires, lui, rejoignant son Ariège et moi remontant vers Paris après un simple « au revoir » sur le quai de la gare. Bien qu’ayant effectué plusieurs longs séjours en vallée du Couserans durant lesquels je suis passé à proximité de Rimont sans jamais pouvoir m’y arrêter, nos chemins ne se sont donc jamais recroisés … la vie est faite ainsi ! Je n’ai pas connu ses grands-parents mais jean m’avait fait goûter une magnifique et délicieuse croustade confectionnée pour ses camarades de chambrée et j’en garde un merveilleux souvenir. Malgré les heures tragiques qu’elle à vécu, la sublime Ariège aux paysages à couper le souffle, restera pour moi qui l’ai connue calme et sereine un sensationnel souvenir.
Quelques plaques et monuments commémoratifs à Castelnau-Durban.
Les 11 victimes civiles de Rimont :
Marie COSTES née Laffont (77 ans) - Étienne FORGUES 65 ans) – Jean ROUSSE (53 ans) - Jean-François ROUSSE (72 ans) - Adrien SENTENAC (71 ans) - Joseph SERVAT (56 ans) - Louis SOULA (44 ans) - Stanislas SOULA (78 ans) - Antoine SOUM (60 ans).
Les 9 premiers étaient originaires de Rimont et y résidaient, les 2 derniers venaient du département des Pyrénées-Orientales. Jean-Baptiste TOLOMEI (62 ans) - Jean ALIO (29 ans), instituteur en congé longue maladie (tuberculose).
Ce récit ne se veut être nullement un plagiat mais une simple information la plus détaillée possible pour la majorité de nos lecteurs qui n’ont jamais eu connaissance des ces faits d’histoire qui se sont déroulé malheureusement sur notre territoire et qu’il nous faut mettre à la connaissance du plus grand nombre pour que la mémoire des victimes ne tombe pas dans l’oubli. RIP.
Rédigé par Alain OCTAVIE suivant les sources ci-dessous.
Mise en ligne : texte et photos : Yannick DEHAYES
Source : Le Maitron, André Balent – « La Bataille de Rimont et de Castelnau-Durban » de Claude Delpla*, imprimerie Barat de St-Girons (1994) ; lien :
https://cras31.info/IMG/pdf/1944_bataille_de_rimont_et_de_castelnau_durban.pdf
« Rimont village martyr », http://www2.ac-toulouse.fr/eco-cycl -
Wikipedia : Rimont – 67400.free.fr/monsiteweb/resistance La resistance en Ariège.htm
https://www.rimontpatrimoine.fr/memoire - Souvenirs et mémoires de M. André Alteirac (Conservateur du Musée de la Préhistoire du Mas-d’Azil (Ariège) – Journal La Dépêche – Pierre Soula (Maire de Rimont).
* M. Claude Delpla : Professeur agrégé d’Histoire, Ancien correspondant du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale, spécialisé dans l’Histoire de la Résistance et de l’Internement.
En complément d’infos : lire « Libération de l’Ariège : le 20 août 1944 de Claude Delpla – La Dépêche du 24/08/2004. Lien : https://www.ladepeche.fr/article/2004/08/24/251732-liberation-de-l-ariege-le-20-aout-1944.html (les évènements du 20 août à Saint-Girons).
https://maitron.fr/spip.php?article232021, notice Castelnau-Durban et Durban-sur-Arize (Ariège), neuf maquisards et deux civils tués lors de l'affrontement contre les troupes d'occupation (22 août 1944) par André Balent, version mise en ligne le 13 septembre 2020, dernière modification le 22 juin 2022.